À Matshipisha, l’un des centres commerciaux de Lubumbashi, la chaleur se fait sentir jusque dans les prix de l’eau. Sous un soleil qui porte la température à 32 °C, des vendeuses, parmi lesquelles des adolescentes et des mères de famille, sillonnent les abords du marché et les carrefours. Sur la tête, des seaux transparents remplis de bouteilles d’eau, parfois glacées. Elles s’approchent des bus de transport en commun, espérant convaincre les passagers d’acheter de quoi se désaltérer.
À 12 ans, Evodie Mbombo vend désormais sa bouteille à 1 000 francs congolais (FC), contre 500 FC auparavant. À ses côtés, une femme enceinte explique cette hausse par l’augmentation du prix de gros.
« Dans les dépôts et les grandes boutiques où nous nous approvisionnons, les prix ont grimpé. Une farde de dix bouteilles coûte maintenant 7 000 FC. Il est impossible de vendre chaque bouteille à 500 FC », explique-t-elle.
Au Golf Les Battants, le prix de l’eau connaît également une hausse, mais les tarifs varient selon le format et le point de vente. Un conducteur de moto rencontré à l’entrée d’un supermarché raconte avoir acheté une petite bouteille à 1 500 FC, alors qu’elle lui coûtait auparavant 1 000 FC. Selon lui, la grande bouteille, habituellement vendue à 2 000 FC, se fait rare. Lorsqu’il en trouve une, son prix peut atteindre 3 500 FC.
« C’est une catastrophe ! », s’exclame-t-il, visiblement exaspéré par cette flambée des prix.
À Kashamata, quartier situé à l’entrée de Lubumbashi, sur la route de Kasumbalesa, l’approvisionnement en eau potable reste une préoccupation pour certains habitants. Plusieurs se tournent vers les bouteilles acheminées par des bus en provenance de Kasumbalesa. Les prix varient selon les vendeurs : certaines grandes boutiques proposent la bouteille à 500 FC, tandis que de petits kiosques la vendent à 100 FC, selon les témoignages recueillis.
Face à ces différences de prix, des habitants se rabattent aussi sur l’eau de forage. Mais là encore, la dépense augmente : quatre bidons qui se vendaient auparavant à 500 FC coûtent désormais trois bidons pour le même montant, rapportent certains riverains.
La chaleur accentue la pression sur l’eau
A Lubumbashi, l’eau devient ainsi une dépense quotidienne plus difficile à maîtriser pour certains habitants, au moment où les températures élevées renforcent le besoin de s’hydrater. Entre les vendeuses qui cherchent à écouler leurs bouteilles et les clients qui comparent les prix avant d’acheter, chaque point de vente impose ses tarifs.
Les fortes chaleurs peuvent être aggravées par le changement climatique, dont les effets sur les températures sont documentés par les chercheurs. Toutefois, pour établir un lien précis entre cet épisode de chaleur à Lubumbashi et le changement climatique, des données météorologiques locales et une analyse scientifique sont nécessaires.
En période de forte chaleur, il est recommandé de boire régulièrement de l’eau, sans attendre d’avoir soif. La quantité nécessaire varie selon les personnes, leur activité et les conditions météorologiques : il n’existe pas de règle universelle imposant quatre bouteilles par jour, quel que soit leur volume.
Loss-Adonis Ngoyi









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