Rentrée économique : La FEC présente à Judith Suminwa dix préoccupations pour améliorer la compétitivité des entreprises

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La Fédération des entreprises du Congo (FEC) a présenté dix préoccupations au gouvernement lors de sa rentrée économique 2026, tenue le jeudi 17 septembre 2026 à Kinshasa. Fiscalité, dette intérieure, crédits de TVA, mines, carrières, financement des PME et transport routier figurent parmi les dossiers soulevés par l’organisation patronale.

Devant la Première ministre et plusieurs membres du gouvernement, le Président national de la FEC, Robert Malumba Kalombo a évoqué les difficultés rencontrées par les opérateurs économiques. Des difficultés déjà présentées mais dont la solution tarde encore. L’organisation patronale a accompagné ses observations de propositions destinées aux autorités publiques.

Dans l’agro-industrie, la FEC demande une révision du traitement fiscal appliqué à l’huile de palme produite localement. Elle relève une différence entre cette production, soumise à la TVA, et certaines huiles importées bénéficiant de conditions fiscales jugées plus favorables. La Fédération propose ainsi une suspension de la TVA sur la production locale.

La FEC a également soulevé la question de la TVA à taux réduit de 1 % sur les intrants agricoles. Selon elle, le dispositif prévu par la législation reste mal appliqué dans le système douanier SYDONIA. Elle appelle à un fonctionnement durable du paramétrage afin de limiter les charges supplémentaires supportées par les entreprises.

Sur la dette publique intérieure, l’organisation patronale propose la mise en place d’une commission réunissant le ministère des Finances et la FEC. Cette structure serait chargée d’examiner les créances encore impayées et d’en suivre le règlement. La Fédération demande aussi un mécanisme plus rapide et prévisible pour le remboursement des crédits de TVA, qui immobilisent une partie de la trésorerie des entreprises.

Dans le secteur minier, plusieurs dossiers ont été présentés. La FEC demande notamment une concertation sur le calcul du solde de l’impôt sur les bénéfices et profits, en raison de l’incidence des fluctuations du taux de change.

Elle réclame également l’activation effective de la commission d’arbitrage chargée d’examiner les différends liés à la base imposable de certaines redevances et frais sur les exportations minières.

La sécurité des concessions figure aussi parmi les préoccupations soumises au gouvernement. La FEC dénonce les incursions dans les périmètres miniers, les vols de minerais et l’exploitation artisanale illégale. Elle estime que ces pratiques affectent la production et créent des risques pour les travailleurs et les investissements.

Pour les carrières et matériaux de construction, la Fédération demande le réexamen de la taxe d’extraction, qu’elle affirme avoir vu passer de 0,8 à 3 dollars la tonne. Elle estime que cette hausse pèse sur les entreprises formelles et se répercute sur leurs prix. À Kinshasa, la FEC demande une concertation avec les autorités municipales sur cette fiscalité.

L’accès au financement des PME et des start-up constitue un autre dossier. La FEC propose de renforcer les mécanismes de garantie publique et de mettre en place des guichets accessibles à ces entreprises. Dans le transport routier, elle relève également la faible présence des entreprises congolaises sur le marché du Sud-Est et demande notamment une révision des tarifs de péage ainsi qu’un régime préférentiel pour les véhicules immatriculés en RDC.

La Fédération a par ailleurs demandé au gouvernement d’examiner les effets de la hausse de la TVA de 1 à 8 % sur certains produits de première nécessité, prévue par la loi de finances rectificative 2026. Elle estime qu’une concertation permettrait d’évaluer les conséquences de cette mesure sur les coûts des entreprises et les prix payés par les consommateurs.

A côté de ces préoccupations, la FEC a relevé plusieurs avancées obtenues grâce au dialogue avec les pouvoirs publics, notamment sur le SMIG, le péage de Kaniaka, la situation de la Congolaise des voies maritimes et la facture normalisée. Robert Malumba Kalombo insiste toutefois sur l’application concrète des décisions prises lors de ces concertations.

Pour le président de la FEC, les réformes économiques se mesurent notamment à leur effet sur la trésorerie des entreprises, les coûts de l’énergie et du transport, les délais administratifs ainsi que la stabilité des règles fiscales. L’organisation patronale demande ainsi un suivi régulier des engagements pris par le gouvernement et des délais précis pour leur mise en œuvre.

Loss-Adonis Ngoyi


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