RDC : Plus de 300 000 fonctionnaires de l’État concernés par les départs à la retraite

Partager cet article

‎La réforme de la mise à la retraite des agents et fonctionnaires de l’État entre dans une nouvelle phase. Lors de la 97ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres tenue ce vendredi 28 août 2026 à Kinshasa, le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi a demandé au Gouvernement d’accélérer le processus tout en développant des mécanismes de financement capables de réduire la pression sur la trésorerie de l’État.
‎
‎Le dossier présenté au Conseil des ministres met en évidence l’ampleur du défi auquel est confrontée l’Administration publique congolaise. Selon plusieurs rapports cités lors de la réunion, plus de 300 000 agents et fonctionnaires de l’État auraient atteint ou dépassé l’âge statutaire de la retraite. Cette situation concerne aussi bien le régime général que les différents régimes spécifiques. Parmi elles, des personnes encore en activité alors qu’ils encore agents âgés de 70, 80, voire 90 ans.
‎
‎Le Gouvernement considère désormais cette situation comme un enjeu de gestion des ressources humaines et des finances publiques. Le maintien prolongé d’agents ayant atteint l’âge de la retraite pèse sur la masse salariale de l’État, tout en ralentissant le renouvellement générationnel de l’Administration et en limitant les perspectives d’évolution des jeunes agents. Le Conseil des ministres estime ainsi que le rajeunissement de la Fonction publique doit accompagner la construction d’une Administration plus moderne et plus performante.
‎
‎Un calendrier permanent pour éviter l’accumulation des départs
‎
‎Pour répondre à cette situation, le Président de la République a instruit les ministères concernés de présenter un état d’avancement, secteur par secteur, des mises à la retraite programmées pour 2026 ainsi que les projections pour 2027. L’exécutif devra également mettre en place un plan trimestriel permanent de mise à la retraite, couvrant à la fois le régime général et les régimes particuliers.
‎
‎L’objectif affiché est de rompre avec une gestion ponctuelle du dossier et d’installer un mécanisme régulier permettant d’anticiper les départs. Cette approche devrait également permettre de mieux organiser le remplacement des agents partant à la retraite et de favoriser progressivement l’entrée de nouvelles générations dans l’Administration publique.
‎
‎Le Président de la République a demandé l’opérationnalisation de mécanismes de financement « innovants et pérennes », notamment à travers la mobilisation des partenaires bancaires et la valorisation des réserves et placements de la sécurité sociale des agents publics. Le dispositif devra permettre de garantir le paiement effectif des indemnités de fin de carrière et des pensions par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale des Agents Publics de l’État, tout en réduisant la dépendance du processus aux ressources disponibles dans les caisses publiques.
‎
‎Cette orientation donne ainsi une dimension financière importante à la réforme. Il ne s’agit plus uniquement de déterminer qui doit partir à la retraite, mais également de mettre en place un modèle capable de financer ces départs de manière régulière et soutenable.
‎
‎Un enjeu pour la modernisation de l’Administration
‎
‎Pour l’Exécutif, cette réforme doit finalement répondre à un double impératif : garantir les droits des agents ayant accompli leur carrière et permettre le renouvellement des effectifs publics. Le Président de la République a ainsi présenté la mise à la retraite comme un impératif de justice envers les agents concernés, mais également comme une condition du rajeunissement qualitatif de l’Administration et de l’amélioration des services publics.
‎
‎La mise en œuvre de cette réforme nécessitera toutefois une coordination étroite entre plusieurs secteurs, notamment la Fonction publique, le Budget, les Finances, la Santé et les administrations concernées. Le Gouvernement devra surtout transformer les orientations arrêtées en mécanismes opérationnels capables d’assurer simultanément la régularité des départs, le paiement des droits sociaux et la maîtrise de la masse salariale.
‎

Asia Kayombo


Partager cet article
Categories:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *