Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a lancé ce lundi 21 septembre 2026 le portail HYDRO-RDC, une plateforme destinée à centraliser la nouvelle cartographie du potentiel hydroélectrique de la République démocratique du Congo. La base recense 3 349 sites représentant un potentiel estimé à 167,2 GW, dont 251 disposent déjà d’aménagements en exploitation ou à l’arrêt, soit environ 7,5 % des sites identifiés.
Accessible en ligne, HYDRO-RDC permet de consulter, visualiser et rechercher les données disponibles sur les différents sites hydroélectriques répertoriés. Pour les pouvoirs publics, la plateforme doit notamment constituer une référence dans le processus d’octroi des concessions électriques. Elle offre également aux développeurs une première base pour identifier les emplacements pouvant faire l’objet d’études techniques plus approfondies.
L’enjeu économique réside toutefois dans la transformation de ce potentiel en projets effectivement réalisables. L’identification d’une ressource hydraulique ne signifie pas qu’une centrale peut immédiatement être construite. Chaque site doit encore être confronté à l’hydrologie réelle, aux coûts de construction, aux possibilités de raccordement ainsi qu’à l’existence d’une demande solvable à proximité.
La cartographie peut ainsi contribuer à rapprocher l’offre potentielle des besoins en électricité, notamment en permettant d’identifier les sites situés à proximité des villes, des bassins industriels et miniers ou encore des zones rurales où l’accès à l’électricité demeure limité. Cette approche territoriale peut également faciliter l’orientation des investissements nécessaires dans les infrastructures de transport et les réseaux de distribution.
Cette démarche s’inscrit dans les objectifs de Mission 300, initiative portée par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD), qui vise à raccorder 300 millions d’Africains supplémentaires à l’électricité d’ici 2030. Dans son Pacte national de l’énergie associé à cette initiative, la RDC ambitionne de faire passer son taux d’accès à l’électricité d’environ 21,5 % à 62 % d’ici 2030, ce qui représenterait un accès pour environ 82 millions de personnes.
La Banque mondiale souligne que cette trajectoire repose notamment sur l’augmentation de la production, l’investissement privé, le développement du transport et de la distribution ainsi que les réformes du secteur.
Dans ce contexte, les 167,2 GW recensés par HYDRO-RDC constituent un potentiel identifié et non une capacité immédiatement disponible. Leur contribution à l’électrification du pays dépendra de la transformation progressive de ces ressources en projets techniquement réalisables, financés et raccordés aux zones où la demande en électricité est effectivement présente.
_Asia Kayombo_










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