L’ODEP estime urgent de restaurer la cohérence entre planification, programmation, budgétisation et suivi-évaluation (PPBS), principe cardinal des finances publiques modernes, en particulier la gouvernance des investissements publics. Dans son communiqué publié le 09 octobre 2025, Observatoire de la Dépense Publique attire la sonnette d’alarme et invite le parlement à accorder une part importante aux investissements publics dans la structure budgétaire.
En effet, depuis plusieurs exercices, la dépense publique congolaise demeure dominée par les charges de fonctionnement, tandis que les crédits destinés à l’investissement pourtant moteur de la croissance, de la création d’emplois et du développement territorial restent marginalisés, souvent exécutés à moins de 5 % de leurs prévisions initiales. Cette situation traduit une crise structurelle de gouvernance budgétaire, où le budget de l’État, au lieu d’être un instrument de transformation économique et sociale, s’est progressivement réduit à un mécanisme de gestion administrative et de survie institutionnelle, source des détournements et de corruption.
Et l’Odep rappelle que la RDC applique le système de Planification, Programmation, Budgétisation et Suivi-évaluation (PPBS) comme cadre pour la gestion de ses finances publiques. Ce système vise à aligner les dépenses sur les objectifs de développement nationaux grâce à une chaîne intégrée de planification, programmation, budgétisation et suivi-évaluation.
En restaurant la cohérence entre planification, programmation, budgétisation et suivi-évaluation (PPBS), l’Odep recommande la réhabilitation du sous-compte investissement à la Banque Centrale du Congo (BCC). D’après cette organisation, cet outil, par le passé, garantissait la traçabilité, la discipline et la centralisation des financements des investissements publics.
« La rigueur budgétaire ne consiste pas à réduire les dépenses, mais à investir chaque franc public là où il produit le plus de valeur collective. »
D’après cette organisation, la réactivation de ce mécanisme permettrait de réaligner les dépenses publiques sur les priorités nationales, de renforcer le rôle du Ministère du Plan comme chef d’orchestre de la politique d’investissement, et de restaurer la confiance dans la gestion des finances de l’État.
Le PPBS vise plusieurs objectifs. Il s’agit notamment :
-Le besoin de concilier le court et le long terme
Ici, une politique est toujours l’association d’ambitions pour le long terme et d’actions concrètes pour le temps présent. Ces deux approches, pour complémentaires qu’elles soient ne sont pas forcément abordées en même temps, et quand elles le sont, elles ne sont pas toujours accordées entre elles. Faute d’avoir étudié au préalable les tendances longues et défini des objectifs politiques, l’implication du budget sur le développement est mal maîtrisée en RDC, estime l’Odep.
-L’approche PPBS L’approche intégrée PPBS des éléments de planification (longue), de programmation (en général triennale) et de budgétisation, auxquels il faut associer la composante transversale du suivi-évaluation est une réponse à la préoccupation de concilier le court et le long terme.
Elle suppose l’existence :
1°. d’un cadre de planification globale, duquel doivent procéder toutes les actions de développement ;
2°. de cadres spécifiques pour l’élaboration de stratégies, pour les secteurs, pour les régions et sur certains thèmes ;
3°. une programmation des dépenses d’investissement, ou même de l’ensemble des dépenses publiques qui doit être parfaitement concordante avec les stratégies ;
4°. un processus annuel de budgétisation ;
5°. un système de suivi et d’évaluation, des activités ci-dessus ;
6°. des capacités techniques. Il apparaît clairement que le problème central de tout cet édifice est celui des liaisons entre structures.
« Aucune d’entre elles ne peut à elle seule assurer, ne serait-ce qu’une des composantes de l’ensemble. Chacune doit également se référer à la politique nationale. Il doit y avoir des procédures de travail et d’échanges bien codifiées », insiste le communiqué.
Le processus de PPBS présente plusieurs avancées : – vers plus de cohérence entre les horizons temporels, par l’obligation faite aux responsables des stratégies et à ceux des budgets de travailler ensemble, sur des processus appropriés et selon un calendrier partagé ;
– vers l’utilisation de plus d’outils communs entre la programmation et le budget ;
– vers une plus grande maîtrise du calendrier de la mise en œuvre du processus de développement par une distribution claire des tâches qui permette à la fois aux structures de l’administration d’accumuler un capital de savoirs et de pratiques et, sur le terrain, de favoriser la pertinence et l’efficacité des opérations.
Par ailleurs, Odep évoque les principaux documents publics de diffusion nationale à produire par le processus tels que:
– un document de politique générale du Gouvernement ;
– les stratégies secondaires : sectorielles, thématiques et régionales, qui découlent de la stratégie nationale. Leurs synthèses peuvent être intégrées au document de Politique Générale ;
– un programme d’action (chiffré, le plus souvent triennal). C’est soit un PIP (Programme des Investissements Publics) au sens traditionnel du terme, avec uniquement les dépenses d’investissement, soit un CDMT (ou Cadre des Dépenses à Moyen Terme) ;
– un budget annuel, éventuellement triennal sous forme de « budget – programmes ». Noter que dans le cas où on élabore tout le budget national sous la forme de budgets -programmes (à trois ans), le budget – programmes national consolidé fait office de PIP ; – des documents de suivi-évaluation rattachés à chacune de ces composantes et au suivi de routine de la conjoncture.
En somme, le PPBS est une approche de gestion par les résultats dont le but ultime est d’améliorer l’efficience et l’efficacité des dépenses publiques. Il est plus qu’urgent de restaurer la cohérence entre planification, programmation, budgétisation et suivi-évaluation.










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