Le déficit national en logements, estimé par ONU-Habitat à près de quatre millions d’unités, dépasse aujourd’hui le simple cadre d’un défi sectoriel. Il devient un enjeu stratégique de souveraineté économique, de justice sociale et de stabilité politique. C’est dans ce cadre que la première ministre, Judith Suminwa a instruit le Ministre d’État, Ministre de l’Urbanisme et Habitat, ainsi que le Ministre des Finances, d’envisager la mise en place d’une banque. Ils devront étudier les modalités opérationnelles permettant de transformer l’actuel Fonds National de l’Habitat (FONHAB) en une véritable Banque publique de l’habitat. Elle l’a dit au cours du Conseil des ministres de ce vendredi 29 août 2026.
D’après Judith Suminwa, cette Banque publique de l’habitat doit être dotée de prérogatives bancaires complètes, conformément au Programme d’actions du gouvernement. A travers elle, le gouvernement cherche à créer un véritable « bras financier » de sa politique du logement : une institution publique capable de mobiliser des capitaux à long terme, d’accorder des crédits immobiliers, de financer les promoteurs et les logements sociaux et d’attirer des capitaux privés.
Comlebt va se concrétiser cette transformation ?
L’idée serait de faire passer le FONHAB, qui est à ce jour un fonds public destiné à financer l’habitat, à un établissement financier public capable de collecter, emprunter, prêter et financer directement le logement.
Cela implique probablement plusieurs leviers, à savoir définir le statut juridique de la future banque. Ce qui conduira le
gouvernement à déterminer s’il faut transformer juridiquement le FONHAB ou créer une nouvelle entité bancaire en s’appuyant sur ses actifs, ses missions et ses ressources.
Ensuite, il faut déterminer le capital de départ qui est un point essentiel. Ici, il faudrait que le gouvernement identifie la dotation de l’État, les éventuelles contributions d’autres institutions publiques et les possibilités de participation d’investisseurs ou de partenaires financiers. Il faut rappeler que les contraintes budgétaires avaient justement empêché la mobilisation de la dotation initialement prévue pour le FONHAB.
Aussi, il faut obtenir les prérogatives bancaires nécessaires car une banque ne fonctionne pas comme un fonds administratif. La future institution devra notamment pouvoir développer des produits de crédit immobilier et mobiliser des ressources à long terme, dans le respect de la réglementation bancaire applicable.
Aussi , il faut créer un véritable mécanisme de crédit immobilier. C’est ça qui va permettre aux ménages d’accéder à des crédits immobiliers de longue durée, notamment pour l’acquisition ou la construction de logements.
Il sera également question de financer les promoteurs et les logements sociaux. Ainsi, la banque pourrait également financer les promoteurs immobiliers, les programmes publics et les projets de logements abordables, plutôt que de dépendre uniquement du budget de l’État.
A noter également un point plus important : mobiliser des ressources privées et internationales. A ce sujet, le gouvernement évoque notamment la mobilisation de ressources à long terme et l’attraction des investissements privés.
Un dernier levier, valoriser le patrimoine immobilier de l’État. Ici, les biens immobiliers publics pourraient devenir un élément du dispositif de financement, notamment pour soutenir certains projets immobiliers.
Pour rappel , l’idée de la création d’une banque est née, selon la Première Ministre, de la nécessité de créer un instrument financier souverain dédié à l’habitat.
En effet, pour moderniser ce secteur, le Gouvernement avait conçu le Fonds National de l’Habitat (FONHAB) comme pilier financier. Cependant, les contraintes des finances publiques n’ont pas permis la mobilisation de sa dotation initiale. Ce manque de moyens limite la portée de la réforme et freine la réponse de l’État aux attentes de la population. Face à cette situation, il est impératif d’instaurer des mécanismes performants. L’objectif est de mobiliser des ressources à long terme, de structurer un crédit
hypothécaire national, de valoriser le patrimoine immobilier de l’État et d’attirer l’investissement privé.
La création d’une Banque publique spécialisée, à l’image de plusieurs pays africains (Sénégal, Tunisie, Burundi, République du Congo), répondrait à ces impératifs. Elle permettrait de renforcer le financement du secteur, de sécuriser les programmes de logements sociaux et de soutenir une croissance durable. Une telle institution enverrait un signal politique fort, stabiliserait le contexte social et créerait des emplois.
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