RDC : Le CEEC élargit ses capacités d’analyse du cuivre, cobalt, or et terres rares

Partager cet article

La République démocratique du Congo cherche à mieux connaître la composition des minerais qu’elle exporte. À Tianjin, en Chine, le Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales Précieuses et Semi-précieuses (CEEC) a présenté ses nouvelles capacités technologiques lors de la 28ᵉ China Mining Conference and Exhibition, organisée du 10 au 12 septembre 2026.

Le directeur général du CEEC, Freddy Muamba, a expliqué que l’institution dispose désormais de laboratoires équipés pour effectuer des analyses sur différentes catégories de substances minérales. Ces équipements permettent notamment d’identifier les éléments contenus dans les minerais destinés à l’exportation.

Pour le CEEC, cette capacité d’analyse répond à une question concrète : déterminer avec précision la composition et la qualité des minerais avant leur sortie du territoire congolais. Depuis 2018, l’institution exerce également les fonctions d’Autorité de certification.

« Depuis 2018, nous sommes devenus Autorité de Certification. Cela signifie que l’État congolais nous a donné la capacité de mettre en place des mécanismes et des procédures pour déterminer les caractéristiques physico-chimiques des minéraux », a déclaré Freddy Muamba.

Des analyses encore concentrées dans quelques sites

Le développement des laboratoires reste toutefois confronté à un problème logistique. Le CEEC souhaite disposer de capacités d’analyse directement dans les différentes provinces minières afin de réduire les déplacements des échantillons et les coûts liés à leur traitement.

Freddy Muamba cite notamment le cas des échantillons prélevés à Kisangani et acheminés vers le Lualaba ou le Haut-Katanga pour analyse. Les distances, les infrastructures disponibles et le transport augmentent les délais et les dépenses avant l’exportation.

Le Directeur Général du CEEC appelle ainsi les partenaires privés à participer à l’installation de nouveaux laboratoires. L’objectif est de rapprocher les capacités d’analyse des zones de production.

Du diamant aux terres rares

Le dispositif de certification couvre aujourd’hui plusieurs filières minières. Le CEEC intervient notamment sur le diamant, l’or, les 3T cassitérite, wolframite et coltan ainsi que sur les pierres de couleur, le cuivre et le cobalt.

L’institution étend également son champ d’intervention aux terres rares. Cette diversification accompagne l’évolution des substances exploitées et exportées depuis la RDC.

Pour Freddy Muamba, l’enjeu consiste à disposer d’informations précises sur les produits miniers déclarés par les exploitants. Ces données servent notamment à établir leur composition et leurs caractéristiques physico-chimiques.

Mieux connaître avant d’exporter

À Tianjin, le CEEC a donc présenté la certification comme un maillon du contrôle de la chaîne minière congolaise. L’analyse des minerais permet de documenter leur qualité et leur composition avant leur commercialisation sur les marchés internationaux.

Le développement de laboratoires dans les provinces minières permettrait, selon le CEEC, de réduire les coûts d’acheminement des échantillons et de raccourcir les délais d’analyse.

Des estimations avancées par des experts cités dans la présentation évoquent des recettes supplémentaires pouvant dépasser 100 millions de dollars pour le Trésor public en 2026 et atteindre plus d’un milliard de dollars en 2027. Ces projections restent toutefois des estimations et leur réalisation dépendra notamment du fonctionnement effectif du dispositif et de l’évolution des exportations.

Loss-Adonis Ngoyi


Partager cet article
Categories:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *