La Banque Centrale du Congo a décidé d’abaisser pour la deuxième fois en trois mois son taux directeur, désormais fixé à 15 %, après avoir culminé à 25 % un an plus tôt. Ce choix marque l’entrée assumée dans une phase d’assouplissement maîtrisé, destinée à soutenir le crédit, l’investissement et l’activité, sans sacrifier la stabilité financière.
Décision annoncée par le gouverneur de la BCC, André Wameso ce jeudi 8 janvier 2026 au cours d’une réunion en session ordinaire à Kinshasa. Pour le comité de politique monétaire (CPM) de la Banque centrale du Congo (BCC), c’est un nouvel acte fort de pilotage macroéconomique. 
Le CPM a ainsi décidé d’assouplir prudemment sa politique, en abaissant le taux directeur de 17,5 % à 15 %. Une baisse de 250 points de base qui prolonge celle opérée en octobre 2025, lorsque ce taux avait été ramené de 25 % à 17,5 %, et qui consacre un changement de cycle monétaire, désormais orienté vers le soutien durable de l’économie réelle.
Toutefois, elle maintient inchangés les coefficients de réserve obligatoire, une prudence revendiquée, car la Banque est consciente des fragilités structurelles de l’économie et des risques internes comme externes.
Pour 2026, l’institut d’émission parie sur une inflation durablement contenue, une croissance soutenue par les cours du cuivre et du cobalt, et une consolidation progressive de la souveraineté monétaire. Un pilotage fin, où la crédibilité monétaire devient un levier central du développement économique
Soulignons que cette inflation est ramenée à 2,27 %, franc congolais apprécié de plus de 30 % sur le marché interbancaire, réserves internationales portées à 7,89 milliards de dollars et croissance maintenue à 5,6 % : les indicateurs macroéconomiques affichent une trajectoire nettement redressée. 
Des acquis solides justifient cet assouplissement
Hormis la baisse du taux directeur à 15 %, le taux des facilités de prêt marginales a été ramené de 21,5 % à 19 %. Par contre, les coefficients de réserve obligatoire ont été maintenus à leurs niveaux actuels : 10,5 % pour les dépôts à vue en monnaie nationale et 0 % pour les dépôts à terme, ainsi que 11,5 % et 10,5 % respectivement pour les dépôts en devises. Ce choix traduit une stratégie assumée : rendre le coût de l’argent progressivement moins élevé afin de stimuler le crédit et l’investissement, tout en évitant toute injection excessive de liquidités susceptible de raviver les tensions inflationnistes. La Banque centrale privilégie ainsi un assouplissement maîtrisé, compatible avec la stabilité financière.










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