RDC : Jules Alingete présente les résultats de quatre années de contrôle des finances publiques

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L’ancien inspecteur général des finances, chef de service, Jules Alingete Key, revient sur les quatre années d’application du contrôle à priori des finances publiques en RDC. Il en parle dans son nouvel ouvrage intitulé : « Le contrôle à priori des finances publiques en République démocratique du Congo : la raison d’être de la Patrouille financière ». Ce livre a été présenté le vendredi 18 septembre 2026 à Paris.

Entre 2020 et 2024, les recettes publiques seraient passées de 5,5 à 12,84 milliards de dollars, soit une progression de 133,5 %, selon les chiffres compilés par l’ancien responsable de l’Inspection générale des finances. Il affirme que cette évolution s’est produite sans création de nouveaux impôts ni augmentation des taux existants.
Le livre fait également état d’une progression de la pression fiscale, passée de 6,8 % du PIB en 2020 à 12,83 % en 2024. Ce niveau reste inférieur à la moyenne de 25 % retenue pour les pays de la SADC, précise l’auteur.

Jules Alingete relève aussi une diminution du taux de « coulage » des recettes publiques, qu’il situe à 12,17 % du PIB en 2024 contre 18,20 % en 2020. Il cite par ailleurs la baisse du taux d’exonérations douanières, passé de 42 % à 27 % de la valeur des marchandises importées sur la même période.

Le nombre de contribuables enregistrés par la Direction générale des impôts aurait, lui, augmenté de 76 132 en 2020 à 164 300 en 2024. L’auteur indique également que l’IGF a identifié, en janvier 2025, près de 11 000 contribuables considérés comme « introuvables » par l’administration fiscale, mais dont les activités bancaires restaient visibles.

Sur la gouvernance, l’ouvrage mentionne une progression de sept places de la RDC dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International entre 2020 et 2024. Jules Alingete rapporte également une hausse de la trésorerie cumulée des entreprises et établissements publics, estimée à plus de 2,5 milliards de dollars en 2024 contre 200 millions en 2020.

Un mécanisme que l’auteur présente comme transitoire

L’ancien chef de service de l’IGF reconnaît toutefois plusieurs limites au contrôle à priori. Il cite notamment les risques de ralentissement de certaines dépenses urgentes, notamment les achats nécessaires au fonctionnement des services publics ou les frais médicaux.

Il relève aussi le risque de réduire la place accordée aux contrôles à posteriori et d’alourdir la procédure de dépense avec l’intervention d’un organe extérieur. Certains gestionnaires publics, écrit-il, assimilent par ailleurs ce dispositif à une forme de « cogestion ».
Jules Alingete souligne également la responsabilité individuelle de l’inspecteur qui valide une opération avant son exécution, lorsqu’un abus est découvert ultérieurement. Pour lui, ces limites justifient une réflexion sur la durée d’application du mécanisme.

Dans ses conclusions, l’ancien responsable de l’IGF défend ainsi un dispositif transitoire plutôt qu’un contrôle à priori permanent. Il conditionne son retrait progressif à la mise en place d’un contrôle interne réellement opérationnel et au développement d’une culture de redevabilité dans l’administration publique.

L’auteur estime que cette évolution pourrait prendre au moins une dizaine d’années. Son ouvrage présente donc la Patrouille financière à la fois comme un mécanisme de contrôle dont il revendique les résultats et comme un dispositif appelé, selon sa propre analyse, à évoluer avec le renforcement des systèmes internes de gestion publique.

Loss-Adonis Ngoyi


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