À Lubumbashi, l’accès aux données minières était au centre d’une rencontre organisée ce lundi 28 septembre 2026 par l’International Republican Institute (IRI). Réunis à l’hôtel Novotel, une vingtaine d’acteurs du secteur minier, dont des représentants de la société civile, des journalistes et des organisations spécialisées sur les questions minières, ont échangé sur les sources d’information disponibles et les moyens d’en améliorer l’utilisation.
La rencontre, modérée par Sandrine Kashongwe et Aslan Mbala, avait pour question centrale : quelles sont les principales sources de données disponibles aujourd’hui dans le secteur minier et comment évaluer leur fiabilité et leur accessibilité ? Les participants ont notamment passé en revue les informations produites par le ministère des Mines, le Cadastre minier, l’administration fiscale, les services statistiques ainsi que les entreprises minières.
Les rapports de production, les communiqués et les sites internet des compagnies minières ont également été identifiés comme des sources importantes. Pour les participants, ces différents canaux fournissent une quantité considérable d’informations sur le secteur. Leur utilisation reste toutefois confrontée à des difficultés d’accès, de disponibilité et de présentation des données.
Les échanges ont notamment fait ressortir trois besoins. Les participants ont insisté sur la mise en commun des sources, la disponibilité des annexes permettant de comprendre et de vérifier les données, ainsi que sur la langue de diffusion des informations. L’objectif est de permettre aux journalistes, aux organisations de la société civile et aux communautés de comprendre plus facilement des données souvent techniques ou dispersées entre plusieurs administrations et entreprises.
La centralisation et l’harmonisation des informations ont également occupé une place importante dans les discussions. Pour rendre les données plus utiles au plaidoyer et à la prise de décision, les participants ont notamment proposé de privilégier une présentation simple et compréhensible, d’utiliser des formats harmonisés, d’indiquer clairement la source et la date de publication, mais aussi de faciliter la comparaison entre les données provenant de plusieurs organismes. La mise à jour régulière des informations et leur conservation dans une plateforme accessible figurent également parmi les pistes évoquées.
Les participants ont ensuite discuté sur des critères permettant de juger la qualité des données existantes. La fiabilité de la source, l’actualité des informations, leur exhaustivité, la possibilité de vérifier leur origine, leur cohérence avec d’autres sources et leur accessibilité constituent des critères importants. La présence de personnes qualifiées pour produire, contrôler et interpréter ces informations a également été soulignée. Une donnée facilement accessible, mais mal documentée ou difficile à vérifier, reste en effet limitée pour les besoins du
journalisme, du contrôle citoyen ou de la prise de décision.
Pour l’IRI, cette réflexion ouvre la voie à la création d’un entrepôt de données ou de fonctionnalités numériques destinées aux citoyens. L’objectif envisagé est de rassembler et de rendre plus accessibles les informations utiles aux communautés, aux organisations de la société civile et aux journalistes qui travaillent sur le secteur minier. Une telle plateforme pourrait notamment faciliter la recherche, la consultation et la comparaison des données provenant de différentes sources.
La rencontre de Lubumbashi a enfin ouvert une réflexion sur les effets concrets d’un tel mécanisme sur la transparence et la responsabilité dans le secteur minier. Au-delà de la quantité d’informations disponibles, les participants ont insisté sur la nécessité de disposer de données compréhensibles, vérifiables, accessibles et suffisamment documentées.
Pour les acteurs réunis par l’IRI, c’est à cette condition que l’information minière peut devenir un véritable outil de suivi citoyen, de travail journalistique et de prise de décision.
Loss-Adonis Ngoyi










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