Glencore pourrait vendre sa participation majoritaire dans Kamoto Copper Company, KCC, à Kolwezi, où le groupe contrôle 75 % de l’actif via Katanga Mining et la Gécamines détient 25 %. Si la cession se confirme, ce serait un changement de gouvernance sur un site qui pèse dans la production de cuivre et de cobalt.
Un enjeu qui dépasse la transaction entre actionnaires avec de changements notoires
Si cette vente se concrétise, qu’est-ce qui changerait ? s’interrogent certains observateurs
1°Un nouveau propriétaire prendrait la main sur les décisions d’investissement, de production et de gestion opérationnelle.
Avec un changement d’actionnariat, deux cas se présentent.
D’abord, au cas où la transition se fait vite, le nouveau partenaire devra investir, stabiliser la production et clarifier la relation fiscale. Ce qui ouvrira pour l’État Congolais, des discussions sur la gouvernance et sur la manière dont la valeur est partagée, avec l’idée de renforcer la position de la Gécamines dans le partenariat, ou de revoir certains paramètres économiques et fiscaux, tant que cela reste compatible avec la poursuite des opérations.
Ensuite, dans un cas risqué, la cession s’étire, les décisions d’investissement sont gelées, les tensions administratives s’aggravent. Ce qui pourrait ralentir la production , fragiliser l’emploi et les recettes publiques peuvent reculer.
Sur le plan technique, une baisse d’exportations ou des retards de rapatriement de recettes réduisent la disponibilité de devises, ce qui peut accentuer la pression sur le marché de change, surtout si les anticipations des opérateurs se dégradent.
2° Cette vente peut apporter de changement pour les finances publiques et le marché de change
En effet, le cuivre et le cobalt génèrent des recettes fiscales et parafiscales, et surtout des entrées de devises. Par ricochet , ils comptent énormément.
Dans une économie où la stabilité du franc congolais dépend aussi de l’offre de dollars sur le marché, la continuité des exportations minières et le bon fonctionnement des circuits de paiement restent des paramètres suivis de près, y compris par les autorités monétaires.
3° Aussi, pour l’État congolais et la Gécamines, il sera question de sécuriser la continuité des opérations et négocier un cadre qui protège l’emploi local et la contribution du site aux finances publiques.
En conclusion, l’enjeu est de taille et tout dépendra du choix du repreneur et la gestion de la transition.
Dans le profil recherché, le gouvernement congolais devra rechercher un acquéreur capable de financer les opérations, de maintenir les volumes et de fonctionner avec des règles stables. À l’inverse, une passation mal cadrée peut se traduire par un simple transfert de contrôle, sans amélioration structurelle pour l’économie.
La cause de cette vente s’il s’avérait
Certains parlent des baisses de production auxquelles fait face Glencore. D’autres évoquent des différends fiscaux persistants avec les autorités congolaises. Sur un actif comme KCC, ces frictions comptent, car elles influencent la visibilité des flux financiers, le rythme des investissements et le niveau de confiance entre l’opérateur et l’administration.
Pour la RDC, le dossier intervient aussi au moment où les autorités affichent une volonté de mieux capter la valeur de leurs ressources, en renégociant certains partenariats et en renforçant le rôle des entreprises publiques.










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