RDC : De nouvelles installations augmentent la production d’eau pour desservir près de 6 millions d’habitants

Partager cet article

Le gouvernement congolais ne cesse d’augmenter l’accès des populations à l’électricité et à l’eau potable. Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Molendo Sakombi, a présenté l’état d’avancement des principaux projets de son secteur lors de l’exercice de redevabilité à l’occasion de l’an 1 du gouvernement Suminwa II. Il a également détaillé plusieurs chantiers destinés à répondre aux besoins des ménages et de l’industrie.

En effet, la RDC dispose d’importantes ressources énergétiques. Son potentiel hydroélectrique est estimé à 167 000 mégawatts. Le fleuve Congo, l’un des plus puissants au monde par son débit, constitue la principale réserve pour développer cette production. Mais cette richesse contraste avec le faible accès à l’électricité selon les chiffres présentés par le ministre: seul un Congolais sur cinq est actuellement desservi.

Quelque 78 000 villages doivent encore être électrifiés

Le secteur minier, qui représente plus de la moitié des recettes du budget national, fait lui aussi face à un manque d’électricité estimé à environ 2 000 mégawatts.

Bonne nouvelle, plusieurs projets sont déjà engagés.
C’est le cas de Kakobola, dans la province du Kwango, où la centrale hydroélectrique de 10,5 mégawatts a été remise en activité après la résolution de difficultés techniques et financières. Elle dessert notamment Kikwit, Idiofa et Boma. Le déploiement de compteurs intelligents prépayés doit permettre, à terme, d’alimenter entre 20 000 et 30 000 ménages, soit près de 200 000 personnes.

A côté, nous avons l’Agence nationale des services énergétiques en milieux rural et périurbain, ANSER, qui dispose pour sa part de 65 projets répartis à travers le pays. Sept centrales sont aujourd’hui opérationnelles, notamment à Randanga, Basankusu et Bolombo. Elles devraient bénéficier à environ 100 000 ménages, soit près de 700 000 personnes.

Pour atteindre davantage de localités, le gouvernement mise aussi sur les investissements privés et sur plusieurs sources d’énergie. L’hydroélectricité doit continuer à occuper une place importante, mais elle sera associée au solaire et à d’autres énergies renouvelables.

Dans le secteur de l’eau potable, Kinshasa a récemment enregistré une augmentation de sa capacité de production. Les modules 2 et 3 mis en service produisent 330 000 mètres cubes d’eau par jour. Ils desservent environ six millions d’habitants dans dix communes de la capitale.
À Kamina, une nouvelle centrale doit fournir de l’eau potable à près de 230 000 personnes. Le ministre présente cette réalisation comme une première pour la ville depuis l’indépendance.

D’autres grands projets doivent renforcer la production électrique dans les prochaines années. À Katende, la première turbine du barrage est annoncée pour décembre 2027. Le projet Inga 3, avec ses 11 000 mégawatts prévus, reste également au cœur des ambitions du gouvernement. Kinshasa cherche notamment à rendre le projet suffisamment solide sur le plan financier pour permettre la conclusion des contrats de vente d’électricité avec les pays de la SADC.

Le gouvernement prévoit aussi une capacité de 1 000 mégawatts destinée au secteur minier, tandis que 100 mégawatts doivent être réservés à la population et injectés dans le réseau de la SNEL.
À Kinshasa, la réhabilitation du réseau de distribution se poursuit avec la suppression de plusieurs points noirs et la modernisation des cabines basse tension.

La centrale de Zongo doit, elle aussi, être réhabilitée afin d’ajouter 75 mégawatts au réseau. À Maluku, les études d’un projet solaire de 100 mégawatts sont presque terminées. Son lancement est prévu l’année prochaine.

Toujours sur la même lancée, dans le Kwango, le gouvernement prévoit également de renforcer la production et le transport de l’électricité. La ligne Bukangalonzo-Kenge, dont le coût est estimé entre 22 et 24 millions de dollars, figure parmi les priorités.
Par ailleurs, les études de Kakobola 2, une centrale de 15 mégawatts, sont terminées. Les travaux doivent commencer l’année prochaine. Avec Kakobola 1, les deux centrales porteraient la capacité de production de la province à 25 mégawatts.

La RDC veut aussi renforcer ses échanges électriques avec l’Angola. Une ligne de 1 450 kilomètres doit relier Malange à Afungirome. Elle pourrait permettre à la RDC d’importer une partie du surplus de production angolais, estimé à 2 000 mégawatts. Le ministre estime que les travaux pourraient être réalisés en 24 mois après leur lancement.

À long terme, le gouvernement compte également sur le projet hydroélectrique de Pioka-Tombe. Cette future centrale doit produire 6 450 mégawatts. Les études réalisées en 1978 sont actuellement actualisées. Cette étape doit durer entre trois et six mois avant la recherche des financements. Une partie de l’électricité produite serait destinée au Congo-Brazzaville, au secteur minier, mais aussi à Tshikapa et au Kongo-Central.

Le gouvernement veut enfin disposer de techniciens formés localement. Une première promotion de 500 jeunes a été formée à l’INPP dans les métiers de l’eau et de l’électricité. Leur recrutement est envisagé à la SNEL, à ANSER, dans la Régie des eaux et au sein des différents projets en cours.

Molendo Sakombi est également revenu sur les constructions installées sous les lignes à haute tension et dans les emprises de la SNEL. Il rappelle que ces occupations exposent les habitants à des risques. Les opérations de démolition ou d’expropriation, lorsqu’elles sont nécessaires, doivent toutefois respecter la loi et prévoir une indemnisation dans les cas prévus par les textes.

Pour les prochaines années, le ministre fixe un objectif de tripler le taux d’accès à l’électricité dans les cinq à dix ans. La couverture d’une grande partie du territoire pourrait, elle, demander entre dix et quinze ans. La réduction des délestages dépendra notamment de l’amélioration du réseau de la SNEL et de l’arrivée de nouvelles capacités de production.

Molendo Sakombi souhaite enfin organiser une nouvelle séance consacrée exclusivement à l’énergie. Les responsables de la SNEL, d’ANSER et de la Régie des eaux pourraient répondre directement aux questions du public. L’objectif affiché est de rapprocher les responsables du secteur des usagers et de confronter les différentes données disponibles sur l’électricité et l’eau potable.

Loss-Adonis Ngoyi


Partager cet article
Categories:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *