Les portes des magasins sont restées fermées, jeudi 8 octobre 2026, au marché Kenya, à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga. Des dizaines de commerçants ont manifesté pour dénoncer la multiplication des taxes, l’insalubrité et la dégradation des routes et des ruelles qui desservent ce grand centre commercial de la ville.
Sur leurs pancartes, des messages résument leur colère : « Kenya pleure » et « Trop de textes tuent le commerce ».
La mobilisation a paralysé une partie des activités commerciales. Pour ces vendeurs, les prélèvements fiscaux répétés, combinés aux difficultés d’accès au marché, pèsent sur leurs revenus et éloignent une partie de leur clientèle.
« Il y a trop de taxes. Une seule taxe, vous pouvez la payer auprès de dix personnes différentes. Sinon, on scelle votre magasin. Pour le faire, ils viennent parfois à six ou sept, accompagnés de soldats. Les taxes dépassent même les bénéfices que nous réalisons. Ce n’est pas normal », déplore un commerçant.
Des routes dégradées et un marché insalubre
Au-delà de la pression fiscale dénoncée par les vendeurs, l’état des voies d’accès constitue une autre source de mécontentement. Les routes et les ruelles boueuses compliquent la circulation des personnes et le transport des marchandises. Les commerçants estiment que cette situation décourage les clients, alors qu’ils continuent à payer les taxes.
« Regardez l’état de la route, elle est très impraticable. Avec une route dans cet état, quel client accepterait de marcher dans la boue pour venir acheter chez nous ? Pourtant, nous payons les taxes chaque jour, alors que le marché reste insalubre et que les routes sont difficilement accessibles », dénonce une commerçante.
Les manifestants réclament ainsi des mesures sur plusieurs fronts : une meilleure organisation de la perception des taxes, l’assainissement du marché et la réhabilitation des voies de circulation autour de leurs lieux de vente.
La mairie appelle au dialogue
Face à la colère des commerçants, la maire de Lubumbashi, Joyce Tunda Kazadi, s’est rendue sur place pour tenter d’apaiser la situation. Elle a proposé une rencontre avec une délégation de vendeurs à l’hôtel de ville.
« J’ai besoin de vingt commerçants demain à la mairie. Venez, nous allons discuter afin que la solution que vous recherchez soit trouvée en toute urgence », leur a-t-elle déclaré.
Cet appel n’a toutefois pas suffi à interrompre la mobilisation. Les manifestants ont poursuivi leur marche en direction du gouvernorat du Haut-Katanga pour présenter leurs revendications aux autorités provinciales.
Selon plusieurs témoins, plusieurs dizaines de commerçants ont été interpellés par la police alors qu’ils tentaient de faire parvenir leurs doléances aux autorités. Ils ont ensuite été relâchés.
Une rencontre annoncée avec le gouverneur
Contacté au lendemain de la manifestation, Hugain, président de l’association des commerçants du marché Kenya, a indiqué qu’une rencontre avec le gouverneur de province était annoncée pour le lundi 12 octobre.
« Nous avons reçu la promesse d’être reçus par le gouverneur de la province le lundi 12 octobre. Il nous a été demandé de poursuivre nos activités au marché en attendant cette rencontre », a-t-il affirmé.
Cette audience annoncée constitue une prochaine étape pour les commerçants, qui attendent des réponses à leurs revendications sur les taxes, l’assainissement et l’état des voies d’accès au marché.
Le marché Kenya figure parmi les principaux centres d’échanges commerciaux de Lubumbashi.
Selon les informations historiques communiquées, sa création remonte au 17 octobre 1957, sous l’ancien gouverneur de province Gaston Henen, par le décret-loi n° 11/06. Au 8 octobre 2026, le marché compte ainsi près de 69 ans d’existence et poursuit ses activités au centre de la vie commerciale de la ville.
Loss-Adonis Ngoyi










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