Lubumbashi : ’IRI réunit la société civile autour de la formalisation de l’exploitation minière artisanale

Partager cet article

À Lubumbashi, l’Institut républicain international (IRI) a réuni les acteurs du secteur minier, société civile et journalistes, autour de la formalisation de l’exploitation minière artisanale et de la transparence. La rencontre s’est tenue à l’hôtel Lubumbashi sous la conduite de Jiby Malu, facilitateur de l’atelier.

Les échanges ont d’abord porté sur les principales difficultés qui freinent l’encadrement de l’exploitation artisanale. Parmi les problèmes soulevés figurent la libéralisation ou la privatisation du secteur minier par certains acteurs, la faible vulgarisation du Code minier et le manque de formation en gestion. Une connaissance insuffisante de l’histoire du secteur minier en RDC a également été relevée.

À cela s’ajoute l’absence, dans certains cas, de cartes d’identification pour les creuseurs artisanaux. Cette situation complique le suivi des activités et réduit la visibilité sur les personnes présentes dans les sites miniers.

Face à ces difficultés, plusieurs pistes d’actions ont été proposées. L’application effective des textes qui encadrent le secteur figure parmi les priorités. Le suivi du processus d’octroi des Zones d’exploitation artisanale, les ZEA, a également été présenté comme une condition importante pour mieux organiser le secteur.

La question de la sensibilisation a aussi occupé une place importante dans les discussions. Les structures chargées de la gouvernance minière doivent mieux maîtriser les réalités du secteur. Les leaders communautaires pourraient, de leur côté, être davantage associés à la sensibilisation des exploitants artisanaux.

Les participants ont également insisté sur la nécessité de clarifier les responsabilités de chaque intervenant dans la chaîne de décision. Une meilleure définition des rôles permettrait de savoir qui intervient, à quel moment et selon quelles procédures lors de l’attribution d’une ZEA.

Avant toute attribution, une étude préalable du terrain est également jugée nécessaire. Elle permettrait de vérifier la pertinence du site et son potentiel avant d’y autoriser l’exploitation artisanale.

Les conséquences d’un secteur insuffisamment encadré ont aussi été évoquées. Sur le plan sanitaire et environnemental, les activités minières peuvent exposer les populations à différents risques de contamination et de radiation. Les accidents dans les sites, notamment les éboulements, peuvent également provoquer des pertes en vies humaines.

Au-delà de ces risques immédiats, la question de la viabilité économique des communautés minières a été soulevée. Une meilleure organisation de l’approvisionnement et la diversification des activités économiques sont présentées comme des moyens de réduire la dépendance à l’exploitation artisanale.

La gouvernance reste au cœur des préoccupations. Pour les participants, un contrôle régulier et le respect des procédures sont nécessaires pour permettre à l’État de mieux suivre les activités minières et renforcer la redevabilité des différents acteurs.

Fondé en 1983, l’Institut républicain international affirme travailler avec des partenaires locaux dans plus d’une centaine de pays. En RDC, l’organisation collabore notamment avec des acteurs de la société civile, les journalistes et les organisations d’exportation minières sur les questions de sensibilisation citoyenne et de transparence.

Depuis mai 2025, IRI mène également des actions consacrées à la bonne gouvernance du secteur minier en RDC, avec une attention particulière portée à Lubumbashi. Ces activités comprennent notamment la formation de journalistes et d’autres acteurs sur les questions de transparence dans le secteur minier.

Cette réunion de coordination avait pour objectif de favoriser la création d’un groupe sectoriel et de faciliter le partage d’informations fiables entre les différents acteurs. Une démarche destinée à mieux accompagner la formalisation et l’encadrement de l’exploitation minière artisanale.

Loss-Adonis Ngoyi


Partager cet article
Categories:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *