Après la sanction contre la Société Congo Dongfang Mining (CDM), la plateforme de la société civile CASMIA-G ASBL s’exprime sur ce dossier impliquant cette entreprise dans l’affaire du déversement des eaux polluées dans les quartiers Kasapa et Kamatete. Pour cette ONG, cela révèle un manque de rigueur dans la coordination des autorités et une méconnaissance du cadre légal en matière minière.
L’organisation rappelle qu’en vertu du code minier, seuls les services compétents du ministère des Mines et du ministère de l’Environnement sont habilités à prendre des mesures de suspension ou de sanction à l’encontre d’une entreprise. Aussi, la gouvernance minière en RDC passe avant tout par le respect des institutions et des textes en vigueur. Cette ONG fait ainsi allusion au refus de CDM d’accordé l’accès à son site au conseiller du Chef de l’État en charge de l’Environnement lors de sa descente sur terrain dans cette entreprise. Alors que le ministère des Mines avait déjà effectué une mission au sein de cette entreprise et avait même suspendu les activités de la société CDM pour une durée de trois mois, le temps de mener des enquêtes. Mais pour CASMIA-G, cette initiative, bien qu’apparemment motivée par la protection de l’environnement, soulève un problème de compétence.
Dans son communiqué publié ce lundi 10 novembre, CASMIA-G estime que le conseiller présidentiel « a outrepassé ses attributions » et qu’une telle démarche « risque de créer un précédent dangereux dans la gestion du secteur minier ».
L’organisation appelle le Directeur de cabinet du Chef de l’État à rappeler à l’ordre le conseiller concerné et à garantir que chaque acteur reste dans le cadre de ses compétences.
« Les services techniques doivent faire leur travail et rendre compte à la population sans interférence », souligne la plateforme.
Pour certains observateurs du secteur de l’environnement, il est plus que temps de mettre fin au manque de respect de l’environnement de cette entreprise minière qui n’est pas à son premier forfait.
7 incidents de pollution de CDM rapportés en 8 ans
Depuis 2017 soit 8 ans déjà, au moins un incident de pollution provenant de l’entreprise CDM est rapporté soit par les communautés environnantes ou les ONG, toutes dénoncent une gestion non responsable des eaux usées.
Primo, 22 décembre 2017, une première dénonciation des habitants des quartiers Kasapa et Kamatete.
Ces populations se plaignent déjà des inondations de leurs maisons par des eaux provenant de l’usine de l’entreprise Congo DongFang Mining, CDM. En réaction, l’incriminé demande l’expertise de la division de l’environnement minier pour statuer sur les plaintes des riverains.
Secundo, en février 2018
La tension persiste entre les communautés et la société minière CDM. Les accusations s’amplifient également.
Tertio, en février 2019, soit une année plus tard, ce sont les habitants du quartier Kamatete qui montent au créneau avec les mêmes réclamations qui reviennent.
Quarto et quinto,
Ces faits sont également rapportés des acteurs de la société civile après une étude menée en 2020 et début 2021.
Sixto, en février 2022, l’ONG Afrewatch rend public un rapport accablant sur l’impact environnemental des activités minières de CDM. L’ONG a mené une étude approfondie sur les accusations de pollution portée contre CDM à la suite de la persistance des plaintes
Septo, en 2024, alors que l’usine est transférée au village Kawama, la société est de nouveau accusée de pollution de l’air.
Et récemment, le même scenario s’est reproduit : « A chaque tombée de pluie, la société ouvre ses vannes et évacue l’eau issue de ses bassins de décantation », déplorent populations et ONG.
De 2018 à 2019, la société CDM s’est finalement résolue à construire des canalisations pour drainer les eaux provenant de ses installations. L’entreprise a creusé des canalisations de part et d’autre de la route qui part de son usine vers la rivière Kamatete. Cependant, ces drains n’ont pas été construits. Ainsi, la pression de l’eau n’a fait qu’agrandir la profondeur de ces caniveaux, rendant parfois difficile l’accessibilité à certaines habitations.
Par ailleurs, les inondations des maisons et des parcelles persistent surtout en saison des pluies. Ainsi, ce qui a apparu comme une solution, n’en est pas une. Les habitants des quartiers environnant l’usine ne cessent de dénoncer la pollution de l’eau, du sol et même celle de l’air.
En guise de recommandations, CASMIA-G appelle l’État à renforcer la transparence dans la gestion du secteur minier. Elle invite l’entreprise CDM à prendre des mesures urgentes pour restaurer l’environnement et réparer les préjudices subis par les populations. Elle encourage également les communautés touchées à rester vigilantes et à exiger des réparations justes.










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