L’Office national des transports (ONATRA SA) a proposé, le 9 septembre 2026 à la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, son admission à la Bourse de Kinshasa (KSE) comme entreprise pilote. Cinq jours après la promulgation de la loi n°26/034 relative aux marchés boursiers, le directeur général de l’ONATRA, Martin Lukusa Cibangu Panu, a présenté un plan en trois phases pour mobiliser 65 millions de dollars américains : 25 millions USD par une émission obligatoire et 40 millions USD par une introduction en Bourse.
L’ONATRA demande à être la première entreprise à être cotée à la KSE
Dans une lettre adressée à la cheffe du gouvernement, Martin Lukusa sollicite la désignation de l’ONATRA comme « entreprise pilote » pour son entrée à la Bourse de Kinshasa.
L’ONATRA est une société anonyme unipersonnelle détenue à 100 % par l’Etat congolais. Son capital est évalué à 1 464 milliards de francs congolais et son passif social à 170 millions USD.
Selon les données communiquées par la direction générale, l’entreprise a réalisé 74,8 millions USD d’investissements sur fonds propres entre 2024 et 2026. Elle détient également une créance certifiée de 176,3 millions USD sur l’Etat congolais pour des services rendus et non encore payés.
La dette bancaire ramenée à 3,7 millions USD
L’ONATRA indique avoir réduit sa dette bancaire de 78 millions à 3,7 millions USD. Cette baisse constitue l’un des éléments financiers présentés dans le dossier de son admission à la KSE.
La société cite également plusieurs actifs acquis ou rénovés ces dernières années. Il s’agit notamment de deux grues de manutention de 80 tonnes achetées auprès d’ITALGRU pour 8 millions d’euros, de quais rénovés à Matadi pour 10,7 millions USD, d’un parc à conteneurs évalué à 9,9 millions USD, ainsi que de deux locomotives et 42 wagons pour 6,8 millions USD.
Ces actifs sont intégrés aux éléments financiers présentés pour accompagner l’opération sur le marché boursier.
Une opération en trois phases
Le calendrier proposé par l’ONATRA s’étale sur neuf mois.
La première phase, prévue de septembre à décembre 2026, concerne la préparation de l’opération. Elle prévoit notamment un audit complet réalisé par un cabinet agréé par la future Autorité de Régulation des Marchés Financiers, avec l’appui de la Société financière internationale (SFI).
L’ONATRA propose également de convertir une partie de sa créance de 176,3 millions USD sur l’Etat en capital. Le schéma prévoit le maintien de 100 % de la participation de l’Etat et la création d’une filiale cotable, dénommée ONATRA SCA, avec un capital annoncé de 75 millions USD et sans les dettes historiques.
La deuxième phase, prévue de janvier à mars 2027, porte sur une émission obligatoire de 25 millions USD. Les fonds serviront à acheter 10 locomotives neuves et 100 wagons et à sécuriser la voie ferrée Matadi-Kinshasa. Cinq millions USD sont prévus pour les ouvrages d’art.
L’émission serait garantie par le nantissement des recettes issues des conteneurs, estimées à 2,5 millions USD par mois. Le remboursement est prévu sur 18 mois. Les souscripteurs ciblés comprennent notamment les banques locales, dont Rawbank et Equity, la CNSS, l’INPP ainsi que la diaspora. Le taux proposé se situe entre 8 et 9 %, contre environ 12 % actuellement sur le marché bancaire congolais.
40 millions USD attendus de l’introduction en Bourse
La troisième phase est prévue en juin 2027 avec l’introduction en Bourse. L’Etat céderait 30 % de ses actions au public congolais au prix indicatif de 50 dollars par action, pour une mobilisation attendue de 40 millions USD.
Les fonds seraient affectés à l’électrification de la voie Kinshasa-Est-Aéroport de Ndjili et à l’acquisition de grues mobiles. La lettre indique que 3,6 millions USD ont déjà été investis dans le projet d’électrification.
Au total, l’opération vise 65 millions USD, dont 25 millions USD par l’émission obligatoire et 40 millions USD par la cession de 30 % des actions.
Les 40 millions USD issus de la cession des parts seraient reversés au Trésor. La direction de l’ONATRA prévoit également l’utilisation du Fonds social pour l’apurement progressif du passif social et le paiement régulier des salaires.
Deux autorisations demandées à la Première ministre
Pour lancer le processus, Martin Lukusa demande deux autorisations à la Première ministre. La première concerne la saisine de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) pour la phase de préqualification.
La seconde concerne une opération financière présentée comme nécessaire à l’accès à la cotation. Le ministre des Finances serait chargé de convertir 19,8 millions USD, prélevés sur la créance de l’ONATRA sur l’Etat, en capital frais immédiat.
La direction de l’ONATRA présente cette conversion comme une condition pour répondre aux critères de cotation liés au capital frais minimum. Elle demande également la désignation officielle de l’entreprise comme pilote pour son entrée à la Bourse de Kinshasa.
Le gouvernement prévoit les premières cotations entre juin et décembre 2027. Le projet de l’ONATRA prévoit ainsi une émission obligataire de 25 millions USD, suivie d’une ouverture de 30 % du capital au public pour mobiliser 40 millions USD.
Asia Kayombo










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