Kolwezi : 64 zones d’exploitations artisanales viables déjà identifiées, annonce Louis Watum aux creuseurs artisanaux du Lualaba

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« 64 zones d’exploitations artisanales viables sont déjà identifiées, les arrêtés ministériels déjà signés » révèle Louis Watum. Il l’a dit ce mardi 19 novembre 2025 au cours d’une réunion tenue avec les représentants de creuseurs artisanaux dans le bâtiment du Gouvernorat. Une rencontre avec les différents services en présence de Fifi Masuka, à la suite du drame survenu sur le site minier de Mulondo.
Au lendemain de son arrivée à Kolwezi dans de circonstances compliquées suite au crash de son avion, Louis Watum a tenu plusieurs réunions pour voir clair dans l’accident survenu sur le site minier de Mulondo et qui a couté la vie à une trentaine de creuseurs artisanaux.
Au Gouvernorat de la province du Lualaba et aux cotés de la gouverneure Fifi Masuka, Louis Watum a réuni autour d’une même table : le conseiller du chef de l’Etat au collège de mines, Jean-Marie Kanda ; le directeur du cadastre minier, Paul Mabolia, les responsables de services sous-tutelles et les coopératives minières.
« Je présente mes condoléances aux familles éplorées et je réaffirme l’engagement du gouvernement à mieux encadrer l’artisanat minier. Je vous annonce que plus de 64 zones d’exploitations artisanales minières sont déjà identifiées, les arrêtés déjà signés », a annoncé Louis Watum.
Une avancée saluée par les coopératives minières qui n’attendent que cette nouvelle depuis plusieurs années.
Le patron de mines a renchéri :
« L’équipe, qui est en face de vous de l’administration minière que j’ai le privilège de diriger, s’est mise au travail sous beaucoup de pression pour que nous allions vers la présentation de toutes ces ZEA viables dont vous avez besoin. Je peux vous dire qu’officiellement aujourd’hui qu’il y a 64 ZEA dégagés pour vous » a-t-il ajouté.
Après sa rencontre avec les creuseurs artisanaux, Louis Watum a pris part au conseil de sécurité élargi où le bilan provisoire de victimes du drame de Mulondo a été présenté notamment 35 décès et 2 rescapés hospitalisés à l’hôpital général de référence de Mwangeji.
Ce qu’il faut retenir de ZEA
Par définition, une Zone d’Exploitation Artisanale (ZEA) est une aire géographique délimitée officiellement, en surface et en profondeur, par le ministère des Mines pour l’exploitation minière artisanale. Ce secteur est caractérisé par l’utilisation d’outils rudimentaires pour extraire des minerais comme l’or, le cobalt ou les diamants dans des gisements où l’exploitation industrielle n’est pas rentable. L’objectif est d’encadrer cette activité, souvent informelle, et d’assurer la traçabilité des minerais.
Les zones d’exploitation artisanale (ZEA) sont créées par arrêté du Ministre des Mines après consultation de diverses autorités provinciales, du Service Géologique National et du cadastre minier.
En RDC, plus précisément dans l’espace Grand Katanga (Haut-Katanga, Haut-Lomami, Lualaba, Tanganyika) qui est riche en gisements miniers, notamment en cuivre, cobalt, zinc et étain, des zones d’exploitation artisanale viables sont présentes et souvent regroupées en coopératives. Elles sont encadrées par le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, SAEMAPE.
Les ZEA ont pour cadre légal la Loi minière qui exige que les exploitants artisanaux soient regroupés en coopératives pour opérer légalement sur les sites d’exploitation artisanale. Et comme cadre institutionnel le SAEMAPE qui a été créé pour encadrer les exploitants artisanaux regroupés en coopératives.
Si actuellement le ministre de mines annoncé 64 ZEA mises à la disposition de creuseurs artisanaux du Lualaba, le rapport de l’ITIE de septembre 2022 avait recensé 29 ZEA dans le Haut-Katanga et 55 dans le Lualaba. Le nombre de sites est régulièrement évalué.
Défis et enjeux de ZEA
Parmi les défis rencontrés, nous citons :
• Tracasseries administratives : Les creuseurs artisanaux dénoncent les taxes arbitraires et les frais excessifs, ce qui les maintient dans un cycle de pauvreté.
• Sécurité et conditions de travail : Les conditions de travail sont souvent déplorables et dangereuses, et des conflits sociaux peuvent éclater en raison des échauffourées entre la force de l’ordre et les creuseurs.
• La superposition des concessions et l’application des règles établies restent des défis majeurs, en particulier dans les régions où les gisements peuvent être partagés entre exploitation artisanale et industrielle.
• Structure du secteur : Il est nécessaire de mieux structurer le secteur pour assurer la traçabilité des minerais et garantir une meilleure gouvernance.
Le drame survenu à Mulondo doit interpeller le gouvernement pour viabiliser l’artisanat minier non seulement dans le Lualaba mais partout ailleurs dans les zones minières de la RDC.


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