Le prix officiel du passeport n’est pas le seul coût supporté par les Congolais vivant loin de Washington aux USA. Pour ceux qui résident à Dallas, au Texas par exemple, l’obligation de se rendre dans la capitale américaine pour certaines démarches consulaires peut entraîner des dépenses supplémentaires liées au transport, à l’hébergement et à l’absence au travail. L’entrepreneur congolais Guylain Mukasa estime ainsi qu’un passeport peut revenir à plus de 1 200 dollars lorsqu’on additionne ces différents frais.
Selon son estimation, un aller-retour entre Dallas et Washington peut coûter entre 350 et 500 dollars. À cela s’ajoutent, selon les situations, deux nuits d’hôtel, évaluées entre 250 et 400 dollars, ainsi que les déplacements entre l’aéroport, l’ambassade et le lieu d’hébergement, pour environ 100 à 150 dollars. Les journées d’absence professionnelle représentent, dans son calcul, une perte supplémentaire comprise entre 200 et 400 dollars.
Le montant avancé par Guylain Mukasa atteint ainsi 1 235 à 1 800 dollars pour une seule démarche.
Pour une famille de quatre personnes, il estime que la facture peut atteindre plusieurs milliers de dollars. Ces chiffres correspondent toutefois à une estimation des frais de déplacement et de séjour, et non au tarif consulaire du passeport lui-même.
L’ambassade de la RDC à Washington indique actuellement un tarif de 285 dollars pour le passeport biométrique. Elle précise également que les passeports sont produits par le ministère des Affaires étrangères à Kinshasa et que le délai moyen d’attente peut atteindre 90 jours.
Washington reste le point de passage pour les démarches
Pour les Congolais installés au Texas, la distance avec Washington constitue donc un facteur important dans le coût total de la démarche. L’ambassade met en place un système de rendez-vous en ligne et affiche actuellement plusieurs créneaux pour septembre et octobre 2026.
Guylain Mukasa estime néanmoins que la question dépasse le seul fonctionnement du système de rendez-vous. Il appelle à rapprocher les services consulaires des communautés congolaises installées dans les différents États américains, notamment à travers des missions consulaires itinérantes.
Dans sa proposition, il cite le regroupement des demandeurs comme une solution immédiate. Des ressortissants de Dallas pourraient, par exemple, organiser leurs déplacements ensemble afin de partager les frais de transport et d’hébergement. Cette organisation réduirait mécaniquement le coût individuel du voyage, sans modifier les frais officiels liés au passeport.
Les missions consulaires au cœur de la demande
La seconde piste avancée concerne l’organisation de missions consulaires dans les villes où résident d’importantes communautés congolaises. L’objectif serait de permettre certaines opérations administratives sans imposer systématiquement un déplacement jusqu’à Washington.
Le débat rejoint plus largement la question de l’accès aux services consulaires pour les Congolais vivant à l’étranger. Le ministère des Affaires étrangères indique dans sa foire aux questions que les ressortissants congolais peuvent solliciter leur passeport auprès des services compétents du ministère ou auprès des ambassades et consulats de la RDC à travers le monde.
L’ambassade de Washington précise, de son côté, qu’elle assure l’accompagnement des Congolais pour les demandes et renouvellements de passeports, tout en transmettant les dossiers à Kinshasa pour leur production.
Pour les Congolais de Dallas, la question posée par Guylain Mukasa est donc moins celle du seul prix du document que celle du coût global de son accès. Entre le tarif consulaire et les dépenses nécessaires pour rejoindre Washington, l’écart peut devenir important pour une personne ou une famille.
Loss-Adonis Ngoyi










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