FMI : Les actifs nets des fonds spéculatifs atteignent 4 918 milliards de dollars

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Les actifs nets des fonds spéculatifs ont atteint 4 918 milliards de dollars au premier trimestre 2026, contre 4 318 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 13,9 %, selon le Rapport sur la stabilité financière dans le monde publié par le Fonds monétaire international (FMI) en octobre 2026.

Par rapport à la fin de 2025, où ils s’élevaient à 4 835 milliards de dollars, ces actifs ont progressé de 83 milliards en trois mois, soit 1,7 %. Les actifs nets correspondent à la valeur des placements après déduction des dettes.

L’endettement amplifie les risques financiers

Les actifs nets ne reflètent toutefois qu’une partie de l’exposition financière de ces fonds. Leurs actifs bruts, calculés avant déduction des dettes, ont atteint 12 626 milliards de dollars au premier trimestre 2026, selon le FMI.

Autrement dit, pour 100 dollars de patrimoine net, les fonds détenaient environ 257 dollars d’actifs, contre 190 dollars au début de 2013. Cet écart traduit le recours accru à l’endettement et à d’autres mécanismes de financement pour accroître les investissements.

Les fonds spéculatifs, ou hedge funds, investissent notamment dans les actions, les obligations et les monnaies. Ils utilisent aussi des contrats financiers et peuvent emprunter pour augmenter leurs positions sur les marchés.

Ce mécanisme, appelé effet de levier, amplifie les gains lorsque les placements progressent, mais accentue également les pertes en cas de baisse. Un fonds disposant de 100 dollars de capital et empruntant 400 dollars peut ainsi investir 500 dollars. Si la valeur de ses placements diminue de 10 %, il perd 50 dollars, soit la moitié de son capital initial, avant les intérêts et les autres coûts.

Les positions financières progressent de 28,3 %

L’exposition notionnelle brute des fonds spéculatifs a atteint 42 235 milliards de dollars au premier trimestre 2026, contre 32 924 milliards un an auparavant. Cette hausse de 28,3 % dépasse largement celle de leurs actifs nets, qui s’établit à 13,9 % sur la même période.

Cette mesure représente la valeur notionnelle des positions financières, notamment celles liées aux produits dérivés. Elle ne correspond pas à des liquidités détenues par les fonds ni au montant des pertes qu’ils pourraient subir. Certaines positions peuvent se compenser, ce qui limite l’exposition réelle.

Des risques de contagion sur les marchés

Le FMI examine également les liens entre les fonds spéculatifs, les marchés financiers et leurs prêteurs. Des difficultés peuvent se propager lorsque plusieurs fonds détiennent des actifs similaires et les vendent simultanément pour répondre aux demandes de retrait de leurs investisseurs ou aux exigences de garanties supplémentaires de leurs créanciers.

Ces ventes peuvent accentuer la baisse des prix et fragiliser d’autres acteurs financiers exposés aux mêmes actifs. En 2024, les fonds spéculatifs représentaient 4,51 % des actifs financiers non bancaires, contre 0,59 % en 2008, selon les données citées par le FMI. Leur part a ainsi été multipliée par environ 7,6.

Pour l’institution, l’évaluation des risques liés à ces fonds ne repose donc pas uniquement sur la taille de leur patrimoine net. Leur endettement, l’ampleur de leurs positions financières et leurs liens avec les autres acteurs du système financier comptent également dans l’analyse de la stabilité des marchés.

 

Loss-Adonis Ngoyi


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