DRC Investissement Forum : le KYC, élément essentiel pour inclure le secteur minier informel au système bancaire, estime le DG de UBA RDC Michael Kayembe

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Les institutions financières (microfinances, banques et autres) accompagnent de plus en plus les PME et les grandes entreprises minières. Deux ans passés, les banques en RDC ont pu structurer la première syndication locale de près de 450 millions de dollars dans le secteur minier. Mais malheureusement, il se pose un problème pour financer entièrement la chaîne de valeur du secteur artisanal informel.

Pour ce cas précis, le KYC (Know Your Customer, ou « connaissance du client ») permet à la banque de savoir qui est l’acteur, quelle est son activité, d’où viennent ses revenus et avec qui il réalise ses transactions. C’est précisément ce qui manque souvent dans le secteur artisanal.

Comment UBA peut aider à ce qu’effectivement la chaîne de valeur du secteur minier informel soit incluse au système bancaire en RDC? Cette question était au menu de l’un de panels de DRC Investissement Forum de ce vendredi 28 août 2026 où le Directeur Général de UBA RDC, Michael Kayembe a démontré la disponibilité de fonds pour sa banque face à ce problème d’identification du client évoluant dans le secteur minier informel.

Le patron de UBA RDC est parti de la croissance du taux de bancarisation en RDC avant d’expliquer ce que fait sa banque en faveur du secteur minier.

« Et beaucoup a été fait. Si je ne peux parler que de la bancarisation, c’est des chiffres généralement que les gens lancent. Il y a quinze ans, je crois qu’on avait un niveau de banque, un taux de bancarisation qui était autour de 7 %. Et donc, beaucoup disaient : les banques ne font pas assez, les banques ne prêtent pas assez. Aujourd’hui, si je regarde le secteur financier en général, le taux, je vais utiliser le terme bancarisation avec extension, il est beaucoup plus élevé. Parce qu’on a beaucoup de gens qui sont sur ce qu’on appelle les opérateurs mobiles. Donc, il y a beaucoup de gens qui sont dessus et ce chiffre va croissant. Ça devient même une vraie compétition pour les banques » a-t-il indiqué.

Il a rappelé qu’aujourd’hui en RDC, il y a des milliers de comptes bancaires.

« Nous avons des milliers d’entreprises, personnes physiques, personnes morales, qui sont bancarisées. La taille de bilan des banques est partie de 300 millions il y a vingt ans. Aujourd’hui, on titille les 25 milliards à peu près. C’est énorme. Mais est-ce qu’on a répondu à tous les problèmes ? Non, certes. Est-ce qu’on a réussi à bancariser, à intégrer tous les artisans et tous les informels ? Non, non. Il y a plusieurs raisons. On a réussi à intégrer beaucoup, mais cette formalisation, c’est un effort partagé » a-t-il reconnu.

Cet effort est partagé entre le régulateur, les autorités, qui ont leur travail à faire et ils le font à plusieurs niveaux. De son côté, le gouvernement fait sa part, mais il y a lieu de faire mieux toujours.
Également, les banquiers qui mettent la main dans la pâte.

« Ça veut dire qu’aujourd’hui, nous avons pu identifier, parce qu’une des règles dans mon secteur, qui est le secteur financier, c’est de ne pas travailler avec des gens que vous ne savez pas identifier. En jargon bancaire, ça s’appelle KYC, c’est de l’anglicisme encore. C’est Know Your Customer ( connaissance du client).

Pourquoi le KYC est une bonne porte d’entrée?

KYC n’est pas, à lui seul, la solution. Michael Kayembe estime que Know Your Customer passe par une identification maximale.

« Je dois avoir une identité. Nous travaillons quand même dans un pays qui n’a pas d’identité officielle. Donc, nous avons trouvé une formule parallèle avec la Banque centrale et la corporation de prendre soit un passeport, soit un permis de conduire, jusqu’à ce que le permis de conduire ait posé problème aussi. Aujourd’hui, on a shifté, on a des nouveaux permis, donc c’est autant de problèmes que nous rencontrons dans le KYC. Si je n’ai pas identifié un individu ou une entité, j’ai du mal à travailler avec elle.

Après le KYC, les banques ont ouvert des comptes courants, des comptes d’épargne et puis il y a l’accompagnement financier, qui est aussi très important pour la consommation, a insisté ce banquier.

« Aujourd’hui, quand vous regardez le portefeuille crédit des banques, vous regardez à dix ans, à quinze ans, à vingt ans, et aujourd’hui, il est astronomique. Donc, c’est une croissance fulgurante. Mais est-ce que ça suffit ? Ça ne suffit pas. Ça ne suffit toujours pas. Mais je dois vous annoncer, et je vais vous laisser avec ça, que le secteur informel est très difficile pour nous, les banques, à accompagner » a-t-il avoué.

Mais UBA RDC , comme les autres banques, ne baissent pas les bras face à cette masse informelle qui a besoin de leur accompagnement.
Ainsi, le mobile money se présente comme un canal par lequel les banques accompagnent indirectement le secteur informel.

« Voilà pourquoi, par exemple, les Mobile Money, le font plus aisément que nous, parce qu’il suffit d’un numéro de téléphone, mais eux aussi sont soumis à un KYC très strict. Mais je vous annonce qu’aujourd’hui, au niveau de Mobile Money, nous, les banques, nous accompagnons ces opérateurs économiques à faire des nano-crédits. Parce qu’ils hébergent leur compte dans les mobiles money. Ces derniers n’ont pas la licence pour faire du crédit. Donc, nous les accompagnons sur ce volet-là pour faire des nano-crédits, comme on dit, donc des crédits de très faible capacité et montant » a expliqué le DG de UBA RDC.

En somme, le schéma idéal pour un bon accompagnement du secteur informel passe par quatre étapes :
1. Identifier
UBA, avec les autorités et les structures d’encadrement, identifie l’exploitant, la coopérative ou le négociant : identité, activité, localisation, statut juridique.

2. Vérifier
La banque vérifie les informations disponibles et le caractère légal de l’activité. Pour une coopérative, il faudrait également connaître les responsables et bénéficiaires effectifs.

3. Construire un historique financier

Au départ, il ne s’agit même pas nécessairement de donner un crédit. On commence par un compte, l’épargne et les paiements électroniques. Chaque achat de minerai, paiement à un fournisseur ou revenu enregistré contribue alors à créer un historique financier.

4. Passer progressivement au financement

Une fois que l’activité est documentée et que les flux sont suffisamment réguliers, UBA pourrait évaluer l’accès à des produits de financement adaptés.

Enfin, dans son intervention à ce panel, le DG Kayembe a démystifié le mythe selon lequel les banques qui ne sont pas à capitaux congolais au départ ne contribuent pas à l’accompagnement financier dans ce pays.

« Tenke Fungurume Mining par exemple, le montage qui permet à CMOC d’entrer dans ce pays, rachetant Freeport McMoRan, n’a pas été fait par une banque congolaise. Vous conviendrez avec moi. Ce n’est pas pour autant que l’apport n’est pas évident. Donc, il ne faut pas nécessairement que ce soit des capitaux provenant d’une banque congolaise pour qu’on aide le pays à aller de l’avant. Le euro bond d’actuellement, qui est d’actualité, le pays vient de lever 1 250 millions de dollars avec des banques commerciales étrangères, ce ne sont pas des capitaux du pays » a-t-il insisté.

Queen Mother


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