Bin Nassor sur le drame de Mulonda : « l’exploitation artisanale telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, est une activité à haut risque humain, environnemental et social »

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Le président de la chambre de mines de la République Démocratique du Congo déplore les conditions de travail de creuseurs artisanaux. Cette activité que Bin Nassor Kasongo qualifie de haut risque humain, environnemental et social. Dans un communiqué publié ce 17 novembre 2025, il en appelle à une réforme structurelle profonde et de construire une alternative industrielle diversifiée digne, sécurisée et économiquement viable pour les millions de nos compatriotes qui vivent aujourd’hui de l’artisanat.
Dans ce communiqué, Bin Nassor commence par présenter ses vives condoléances, au nom de toutes les sociétés minières et de toutes les autres entreprises membres, aux familles éprouvées, à la corporation des miniers artisanaux et à la grande famille de la province minière du Lualaba. Cet accident mortel qui est survenu le samedi 15 novembre 2025 dans la mine de Mulondo sur le site minier d’exploitation artisanale de Kawama dans la province du Lualaba. Ce drame, qui a coûté la vie à plusieurs compatriotes, endeuille une fois de plus le secteur minier du pays.
« À la suite de cette situation déplorable, nous avons été choqués d’apprendre l’accident d’avion de ce lundi 17 novembre 2025 à l’aéroport de Kolwezi, qui transportait Son Excellence Monsieur le Ministre National des Mines, Watum Kabamba Louis et toute sa délégation en mission officielle pour l’examen des causes et la prise en charge des conséquences de cet incident. Heureusement que l’on a déploré aucune perte en vies humaines. La Chambre des Mines adresse toute sa sympathie et son soutien moral à Son Excellence Monsieur le Ministre et sa délégation » indique le communiqué.
Un tableau sombre de l’artisanat Congolais
Saisissant cette occasion, il dresse un tableau sombre de l’artisanat en République Démocratique du Congo. D’après lui, l’exploitation artisanale du cuivre, du cobalt et de tous les autres métaux lourds, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, est une activité à haut risque humain, environnemental et social.
« Elle expose chaque jour des milliers de jeunes Congolais à des conditions de travail inacceptables : effondrements de galeries creusées sans respect des normes requises avec le risque d’inondations imprévisibles, expositions chroniques à des substances toxiques, violences, précarité extrême, etc. Ce modèle né de l’absence d’opportunités d’emplois pour la jeunesse congolaise, prend tous les jours plus d’ampleur en raison d’un encadrement insuffisant » indique le communiqué.

Regarder en face une réalité trop longtemps tolérée
Il est donc temps de trouver de solutions face à cette réalité trop longtemps tolérée, insiste le président de la chambre de mines.
« Il est impératif d’engager une réforme structurelle profonde et de construire une alternative industrielle diversifiée digne, sécurisée et économiquement viable pour les millions de nos compatriotes qui vivent aujourd’hui de l’artisanat » insiste le communiqué.
Le président de la chambre de mines rappelle que lors de l’atelier de haut niveau organisé en septembre 2025, conjointement avec l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIERDC) et la plateforme pour les Investissements Durables au Katanga (IDAK), des recommandations pertinentes ont été émises.
« Des recommandations qui attendent leur endossement par le gouvernement pour la mise en place des structures de suivi de mise en œuvre. La Chambre des Mines réitère son engagement à œuvrer, aux côtés de l’autorité publique, de la société civile et des partenaires techniques et financiers, pour une transformation profonde de l’artisanat minier afin de préserver la dignité et la vie de nos concitoyens. L’urgence est absolue et nécessite une action concertée et immédiate » conclut le président de la chambre de mines.
Rappel du drame du site minier de Mulondo
Plusieurs creuseurs artisanaux ont péri ce samedi 15 novembre 2025 dans la mine de Mulondo située dans la carrière de Mulondo, officiellement exploitée par la société Pajeclem, à environ 42 kilomètres au sud-est de la ville de Kolwezi, capitale de la province de Lualaba. La cause de ces dizaines de morts oscille entre noyade et éboulement de creuseurs qui fuyaient après les tirs de sommation des hommes armés assurant la sécurité de ce site. Le bilan provisoire fait état de 49 victimes, dont 47 retrouvées sur place et 2 décédées à l’hôpital, sans compter les blessés – parmi lesquels deux hommes atteints par balles. Jusqu’à ce jour, aucun bilan officiel n’est donné.


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