Women in Mining DRC est le premier réseau dédié à l’autonomisation, au leadership et à l’excellence des femmes dans l’industrie extractive en République Démocratique du Congo. A un mois de la RDC Mining Week, l’antenne du Haut Katanga a saisi cette occasion pour lancer ses activités. Objectif, sensibiliser les femmes, société civile, acteurs politiques et miniers à promouvoir les femmes dans toute la chaîne de valeur du secteur minier.
La première édition de ce Forum, organisée ce 13 mai 2026 a porté sur la gouvernance transformationnelle et l’inclusion.
D’après Mme Elyse Kalasa, Présidente de WIM Haut-Katanga et chargée du social de la société Ruashi Mining, à travers ce thème, un plaidoyer est désormais lancé pour améliorer le quotas de femmes dans le secteur minier. Un quota estimé en deçà de 10 et 15% malgré quelques avancées enregistrées dans ce domaine. Contrairement à d’autres secteurs, comme les banques qui sont déjà autour de 30%.
Il a été constaté que les femmes sont plus dans l’informel. En 2021 par exemple, environ 20.859 femmes étaient employées dans le secteur informel minier. Dans les mines artisanales, elles représenteraient 40 à 50% de la main-d’œuvre, souvent dans des conditions difficiles, tandis qu’elles restent minoritaires (moins de 10-15%) dans les grandes entreprises minières industrielles.
Deux panels et des ateliers pratiques de ce forum ont permis aux participants de comprendre les défis réels des femmes dans les mines.
Il y a notamment la sous-représentation surtout dans les postes de décisions, des préjugés sexistes, des conditions de travail précaires, le harcèlement et un accès limité aux postes de direction ou à la formation, accès limité également dans les marchés de sous-traitance et financements.
Face à ces défis, quelques axes ont été identifiés pour débloquer ce goulot d’étranglement.
1. Lutte contre les préjugés : Briser les stéréotypes sur la capacité des femmes à travailler dans des environnements techniques. Cela, en encourageant les jeunes filles à embrasser les filières techniques et scientifiques.
2. Formation et Qualification Technique
A cet effet, Elyse Kalasa encourage les parents à envoyer leurs filles à l’école et surtout à les pousser à aimer les filières techniques.
« Car il est crucial d’encourager les femmes à suivre des formations techniques et managériales pour occuper des postes de supervision et de direction, au-delà des fonctions administratives » a-t-elle insisté dans son adresse.
3. Renforcement des capacités : Ici, il est question de promouvoir l’accès à la formation pour les femmes opérant dans l’exploitation minière artisanale et à petite échelle pour améliorer la sécurité et la productivité. Et aussi, pour celles qui sont dans les grandes entreprises minières.
Parmi les panélistes, Mme Dorothée Masele a invité les représentants des entreprises minières dans la salle, à donner aussi la chance aux femmes d’acquérir des connaissances qui leur mettront au même point d’égalité que des hommes.
4. Accès au financement et aux marchés de sous-traitance :
Il s’agit de donner la chance aux femmes entrepreneures d’avoir accès aux financements dans le secteur minier.
La ministre provinciale du genre, parlant de son expérience, a invité Ruashi Mining, MMG, Glencore, TFM et d’autres entreprises minières dans la salle à tenir compte de compétences et non pas du sexe dans l’octroi de marchés et financements.
5.Diversification : Valoriser le rôle des femmes dans la chaîne de valeur, notamment dans le recyclage des déchets miniers et la création d’emplois verts, comme le promeut l’ONG Women in Mining (WIM).
6. Politiques d’Entreprises et Gouvernance Inclusives
Les panélistes, principalement ceux chargés du recrutement, ont donné leur position sur les politiques d’embauche paritaires. Il s’agit d’appliquer le principe de parité dans la politique d’embauche et d’évolution de carrière au sein des entreprises minières.
7.Mentorat et réseaux : Soutenir des initiatives comme Women in Mining DRC (WIM) qui encadrent les femmes et renforcent le leadership féminin dans l’industrie. A cet effet, la présidente de l’antenne du Haut Katanga a invité les femmes, société civile, minières, entrepreneurs, journalistes et autres à adhérer à ce réseau pour promouvoir les femmes.
Ce Forum s’est clôturé par un engagement ferme des autorités ( maire, gouvernorat, assemblée provinciale), entreprises minières, banques et autres acteurs du secteur minier, à veiller à l’inclusion de femmes dans la chaîne de valeur. Plus les voix sont nombreuses, plus les femmes sont sensibilisées et plus leur nombre va augmenter dans ce secteur.
Manoah MIANKEBA










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