Washington : Sakombi Molendo s’exprime sur le protocole d’accord entre le Gouvernement et la société américaine Hydro-Link LLC

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Aimé Sakombi Molendo, ministre des Ressources hydrauliques et de l’électricité, a éclairé l’opinion publique au sujet de la signature d’un protocole d’accord entre le gouvernement de la République Démocratique du Congo et la société américaine Hydro-Link LLC. Un accord qui vise à établir des lignes de transport d’hydroélectricité depuis l’Angola vers les zones minières du sud-est de la République Démocratique du Congo. Dans une interview accordée le jeudi 16 octobre 2025 à Washington aux deux médias congolais ( Africanews et Ouragan), le ministre a précisé que l’importation d’énergie angolaise répond à un besoin énergétique urgent dans les régions du Lualaba et du Haut-Katanga où les entreprises ne fonctionnent qu’à 20 % de leur capacité.

Le ministre a indiqué que la demande en énergie dans le Grand Katanga est estimée à 1,4 GW, alors que l’offre n’atteint que 750 MW, entraînant un déficit compris entre 1000 et 1500 MW. Pour Sakombi Molendo, la stratégie gouvernementale inclut l’importation d’énergie à court terme, le développement de projets nationaux et une amélioration du réseau électrique. D’où cet accord avec la société américaine Hydro-Link LLC pour établir des lignes de transport d’hydroélectricité depuis l’Angola vers les zones minières du sud-est de la RDC. La stratégie adoptée consiste à importer de l’énergie à court terme via l’Angola, accélérer les projets nationaux tels que Busanga, Nzilo, Kakobola et Kolwezi, renforcer le réseau électrique existant et attirer l’investissement privé. Chaque mégawatt ajouté permet de relancer la production minière et d’augmenter les recettes de l’État.

« L’importation d’énergie en provenance de l’Angola est une réponse urgente à un déficit majeur dans le Lualaba et le Haut-Katanga. Il s’agit d’une mesure de transition destinée à combler le déficit actuel tout en construisant l’autonomie énergétique future. Les entreprises minières fonctionnent à seulement 20% de leur capacité, ce qui engendre un manque à gagner important. Cette mesure d’importation permet de relancer la production minière, d’accroître les recettes publiques et de favoriser l’intégration régionale au sein de la SADC et du SAPP ».

Il a également ajouté que ce projet repose sur cinq piliers : la réhabilitation des infrastructures, l’intégration régionale, l’électrification décentralisée, la mobilisation du secteur privé et la viabilité financière.

Quid du projet Grand Inga ?

Le projet Grand Inga reste et demeure un élément clé de la souveraineté nationale. Il s’agit d’un pilier stratégique et d’un projet de souveraineté nationale. Il est en cours, accompagné de mesures temporaires pour relier l’Angola à la RDC tout en réhabilitant des centrales. Son avancement est assuré sous la coordination de l’ADPI en collaboration avec les ministères concernés. L’objectif est de sécuriser les financements, d’ancrer la demande notamment des mines et de la région, et de séquencer les lots. Ce projet est de long terme et nécessite des décisions financières pluriannuelles. Des mesures transitoires sont déjà en cours, telles que l’interconnexion Angola-RDC, la réhabilitation des centrales Inga 1 et 2, la mise en service de Nzilo, Busanga, ainsi que le développement de projets décentralisés. Le message clé est que le Grand Inga n’est pas un rêve mais une trajectoire progressive déjà engagée.

Qu’en est-il du Fonds Mwinda ?

Le Fonds Mwinda, lancé 17 septembre dernier a pour but d’accélérer l’électrification rurale, progresse bien, avec des actions concrètes mises en place pour soutenir les projets électriques. Son objectif est d’accélérer l’électrification rurale et périurbaine à travers plusieurs instruments, notamment les subventions, cofinancements et garanties. Les progrès réalisés incluent l’ouverture d’un appel à projets avec les premières candidatures reçues, la publication des critères techniques et environnementaux, sociaux et de gouvernance (E&S), ainsi qu’une présélection en cours avec l’ANSER et ses partenaires. Les étapes à venir comprennent l’organisation d’un webinaire national pour les opérateurs MiniGrid sur la soumission via la plateforme Odyssée, le lancement du site officiel fondsmwinda.anser.gouv.cd, et la désignation des représentants dans les trois instances formant le conseil de surveillance, le comité technique et le comité d’investissement. Ces instances sont chargées d’analyser et d’accorder les subventions. Le message clé est que le Fonds Mwinda est désormais un mécanisme opérationnel, numérique et transparent.

Paradoxe : taux d’électrification inférieur à 25 %, 2 % en milieu rural face à un potentiel électrique immense !

Cette situation s’explique par un héritage structurel marqué par un sous-investissement, un territoire immense et une croissance industrielle rapide, a expliqué Sakombi Molendo. « On compte environ 3600 MW installés, dont 90% d’hydroélectricité, mais avec des indisponibilités fréquentes et des goulots d’étranglement au niveau des transports d’énergie. La réponse politique inclut la réhabilitation et la densification du réseau, l’ouverture de la distribution d’électricité au secteur privé ainsi que des solutions décentralisées » a-t-il expliqué.

Le Compact énergétique vise un taux d’accès de 62% d’ici 2030. Parmi les actions à venir figurent la publication d’une cartographie du potentiel hydraulique pour attirer les investisseurs ainsi que la présentation d’une feuille de route sectorielle, menée par le nouveau ministre et le directeur général de la SNEL, afin de clarifier les priorités, réformes et partenariats.


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