RDC : Malgré ses premières exportations, Manono Lithium critiquée pour les conditions de travail

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‎Alors que Manono Lithium SAS a lancé ses premières exportations de concentré de lithium en juin 2026, les conditions de travail de certains employés congolais soulèvent des interrogations sur les retombées sociales du projet dans le territoire de Manono, au Tanganyika. Dans un témoignage recueilli par un agent de l’entreprise, il dénonce des journées de douze heures, une rémunération mensuelle de 800 000 Francs Congolais et des difficultés d’accès aux soins de santé. Des préoccupations qui remettent en perspective les bénéfices locaux attendus de cette exploitation minière stratégique.
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‎Des journées de douze heures dans des conditions difficiles
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‎Employé depuis plusieurs mois par Manono Lithium SAS, notre interlocuteur affirme travailler selon un système de rotation « 2-2-2 », alternant deux jours de travail, deux nuits et deux jours de repos. Chaque poste dure douze heures. Il déplore notamment l’absence de petit-déjeuner avant la prise de service.

Le travail de nuit donnerait droit, selon lui, à une prime de seulement 3 000 francs congolais. Les congés interviendraient après une année de service, pour une durée de dix-huit jours.
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‎Une rémunération jugée insuffisante
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‎Sur le plan salarial, l’employé avance une rémunération mensuelle de 800 000 francs congolais. Il estime que ce montant ne lui permet pas de couvrir convenablement ses dépenses dans le Tanganyika, compte tenu du coût de la vie. Il évoque également des difficultés liées au mode de paiement. Selon son témoignage, les salaires sont versés en francs congolais, tandis que les retraits bancaires s’effectuent en dollars, entraînant une perte au moment de la conversion.
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‎L’agent affirme par ailleurs avoir signé un contrat directement avec l’entreprise, mais dénonce une gestion quotidienne qui assimilerait les travailleurs à des journaliers, notamment à travers le système de pointage. Les conditions de restauration constituent une autre préoccupation. Notre source affirme que les employés reçoivent quotidiennement du foufou accompagné de poisson salé, sans petit-déjeuner. Il juge cette alimentation insuffisante au regard de la pénibilité du travail.
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‎La prise en charge médicale suscite également des inquiétudes. Selon lui, la structure sanitaire conventionnée par l’entreprise se limiterait à la prise du poids et de la température, sans disposer d’équipements suffisants pour effectuer des examens médicaux. Il signale aussi le mauvais état des bus affectés au transport du personnel.
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‎Des différences de traitement dénoncées
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‎Notre interlocuteur estime que les conditions accordées aux employés congolais contrastent fortement avec celles du personnel expatrié chinois. Il avance des rémunérations mensuelles comprises entre 8 000 et 12 000 dollars pour ces derniers, ainsi qu’une alimentation plus diversifiée et un régime de repos de six mois de travail pour un mois de congé.
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‎« Le traitement entre les Chinois et moi, c’est vraiment le jour et la nuit », déplore-t-il. Ces déclarations mettent en lumière la question de l’équité dans les conditions de travail au sein d’un projet détenu majoritairement par des intérêts chinois, avec une participation publique congolaise. Au-delà des conditions sociales, l’employé accuse l’entreprise d’avoir affecté la rivière Lukushi dans le cadre de ses activités d’exploitation. Il dénonce notamment son assèchement et appelle à une meilleure protection des intérêts des communautés locales.
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‎En octobre 2026, un reportage de l’Agence France-Presse avait déjà relayé les inquiétudes des habitants concernant le détournement de cette rivière pour les besoins de l’extraction. Le média avait également rapporté des plaintes de travailleurs sur les longues journées et les faibles rémunérations dans certaines exploitations minières de la région.
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‎Des attentes sur les retombées locales du lithium
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‎Face à ces difficultés, les travailleurs réclament une amélioration de leurs conditions professionnelles : une rémunération revue à la hausse, le respect de leurs contrats, une meilleure prise en charge médicale, des repas équilibrés et des moyens de transport adaptés. Ils demandent également la prise en charge de leurs déplacements pendant les congés.
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‎Détenue à 54,9 % par le groupe chinois Zijin Mining, à 35,1 % par l’entreprise publique Cominière et à 10 % par l’État congolais, Manono Lithium SAS occupe une place importante dans les ambitions de développement de la filière lithium en RDC.
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‎Après le démarrage de son usine de traitement en mai 2026 et le lancement des premières exportations en juin, le projet entend renforcer la présence congolaise sur le marché mondial de ce minerai stratégique. Zijin Mining vise une production de 30 000 tonnes d’équivalent carbonate de lithium pour 2026 et prévoit le développement d’une unité de raffinage.
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Asia Kayombo


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