La République démocratique du Congo (RDC) a instauré, le 16 octobre 2025 à Kinshasa, un système de quotas pour encadrer les exportations de cobalt, après plusieurs mois de suspension. Un an après cette décision, le dispositif piloté par l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (ARECOMS) reste en vigueur, mais la hausse des exportations congolaises a contribué au recul des prix internationaux au troisième trimestre 2026, dans un contexte de demande encore faible.
Un plafond annuel de 96 600 tonnes
Après avoir suspendu les exportations de cobalt en février 2025, les autorités congolaises ont instauré un régime de quotas à compter du 16 octobre de la même année. Pour la fin de 2025, elles ont fixé le volume autorisé à 18 125 tonnes. Pour 2026 et 2027, le plafond annuel atteint 96 600 tonnes. Ce volume comprend 87 000 tonnes de quotas de base, réparties entre les producteurs au prorata de leurs activités, soit 7 250 tonnes par mois, et 9 600 tonnes de quotas stratégiques que l’ARECOMS peut attribuer à des projets considérés comme prioritaires pour le pays.
Le régulateur a également renforcé les conditions d’utilisation de ces droits d’exportation. Fin juin 2026, il a décidé que les quotas du premier semestre non utilisés au 30 juin seraient annulés, sans possibilité de report, puis transférés vers le quota stratégique. Selon les estimations des opérateurs du marché, cette mesure aurait réduit de 15 000 à 20 000 tonnes les droits d’exportation disponibles sur l’année.
La hausse des exportations pèse sur les cours
Les statistiques officielles congolaises font état de 17 054 tonnes de cobalt contenu exportées au premier trimestre 2026, puis de 24 086 tonnes au deuxième trimestre. Sur les six premiers mois de l’année, le total a ainsi atteint 41 140 tonnes.
Cette progression de l’offre congolaise a coïncidé avec un recul des prix au troisième trimestre. Selon Benchmark, le prix de l’hydroxyde de cobalt livré en Asie a chuté de 31 %, pour s’établir à 17,25 dollars la livre, soit environ 38 030 dollars la tonne. En Chine, le prix du sulfate de cobalt a également reculé de près de 30 %.
Benchmark explique cette baisse par l’arrivée accrue de cobalt congolais sur le marché, alors que la demande des acheteurs reste faible. Cette évolution contraste avec la période précédente : entre janvier 2025 et juin 2026, le prix de l’hydroxyde de cobalt standard avait progressé d’environ 167 %, selon Fastmarkets.
Les producteurs ajustent leurs stratégies
Le système de quotas oblige également les entreprises minières à adapter leur production et leurs stratégies commerciales. Glencore a réduit sa production de cobalt de 39 % au premier trimestre 2026, à 5 800 tonnes, en privilégiant le cuivre. Son quota d’exportation de cobalt pour l’année s’élève à 22 800 tonnes.
De son côté, CMOC maintenait au printemps un objectif de production pouvant atteindre 120 000 tonnes de cobalt en RDC, alors que son quota d’exportation était limité à 31 200 tonnes. Cet écart entre les volumes produits et les quantités autorisées à l’exportation entraîne l’accumulation de stocks sur le territoire congolais. En août 2026, le président de l’ARECOMS, Patrick Mpoyi Luabeya, a indiqué que le régulateur n’envisageait ni de modifier les volumes fixés ni d’autoriser des exportations supplémentaires. Il a toutefois laissé ouverte la possibilité de réduire les quotas si le déséquilibre entre l’offre et la demande s’accentuait.
L’ARECOMS conserve la possibilité d’ajuster les volumes autorisés chaque trimestre. Dans un marché marqué par le recul des cours et l’accumulation de stocks, ses prochaines décisions seront déterminantes pour les producteurs opérant en RDC et les acheteurs internationaux en Asie.
_Asia Kayombo_










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