À Lubumbashi, l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives en RDC (ITIE-RDC) participe, les 11 et 12 août, à un atelier consacré aux risques qui entourent la chaîne d’approvisionnement artisanale du cuivre et du cobalt. La rencontre, organisée en collaboration avec le projet « Sa Sécurité » d’IMPACT, porte sur deux questions sensibles dans le secteur minier artisanal: le travail des enfants et la situation des femmes.
Pendant deux jours, les participants cherchent à mieux comprendre ce qui se passe depuis l’extraction du minerai jusqu’à son arrivée
dans les circuits de commercialisation. L’objectif est d’identifier les endroits où des risques peuvent apparaître et de voir comment ils peuvent être mieux suivis.
Le travail des enfants, une des préoccupations majeures
Dans les zones d’exploitation artisanale, les enfants peuvent être présents autour des sites ou participer à certaines activités liées au minerai. Leur présence pose des problèmes de protection et de conditions de travail, mais elle peut aussi compliquer la traçabilité des minerais lorsqu’ils entrent dans les circuits commerciaux.
Les femmes sont également au centre des échanges. Elles travaillent dans plusieurs activités liées à l’exploitation artisanale et au commerce des minerais. Leur participation ne signifie toutefois pas qu’elles disposent des mêmes revenus ou des mêmes possibilités que les hommes. L’atelier permet ainsi de mieux documenter cette situation.
Un secteur essentiel pour l’économie congolaise
Pour les acteurs du secteur minier réunis à Lubumbashi, mieux connaître cette chaîne devient donc nécessaire. Un minerai ne passe
pas directement du site d’extraction à l’exportation. Entre les deux, plusieurs personnes interviennent, notamment les exploitants, les négociants, les transporteurs et les entreprises qui achètent ou traitent le minerai. Chaque étape présente ses propres risques qu’il faut connaître pour prévenir les risques.
C’est précisément sur cette chaîne que l’ITIE veut disposer de davantage d’informations.
L’ ITIE est connue en RDC pour son travail sur la transparence des revenus du secteur extractif. Et son rôle ne se limite pas seulement à vérifier combien les entreprises paient à l’État.
Ce qu’il faut savoir sur ITIE
L’ITIE existe depuis juin 2003. L’initiative a été créée à Londres à la suite de discussions entre des gouvernements, des entreprises, des organisations de la société civile et des investisseurs. À cette époque, plusieurs travaux mettaient en évidence un paradoxe dans les pays riches en pétrole, en gaz ou en minerais. Malgré leurs ressources naturelles importantes, certains de ces pays restaient confrontés à la pauvreté, à la corruption et aux conflits. La transparence était alors présentée comme l’un des moyens de mieux contrôler la gestion de ces richesses.
Au départ, l’ITIE s’est surtout intéressée à l’argent généré par les industries extractives. Il fallait rendre publics les paiements effectués par les entreprises et les revenus reçus par les États. Avec le temps, son champ d’action s’est élargi. L’organisation s’intéresse désormais à plusieurs étapes de la chaîne minière, notamment aux contrats, aux propriétaires des entreprises, au commerce des matières premières ainsi qu’aux questions liées au genre et à l’environnement.
La RDC a rejoint ITIE depuis 2005. L’adhésion du pays a placé la transparence du secteur extractif parmi les sujets suivis par l’ITIE-RDC. L’organisation travaille avec l’État, les entreprises minières et la société civile pour rendre disponibles les informations sur le secteur et favoriser le débat sur la manière dont les ressources naturelles sont gérées.
En s’intéressant aux risques qui apparaissent dans l’exploitation artisanale du cuivre et du cobalt, l’organisation cherche à aller au-delà des chiffres sur la production ou les revenus. Elle veut aussi mieux comprendre les conditions dans lesquelles les minerais entrent dans la chaîne commerciale.
Loss-Adonis Ngoyi










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